À l'autre bout du fil, il y avait la voix fatiguée et triste d'une jeune fille qui s'occupait de sa vieille mère alitée depuis de nombreuses années. Cette femme n'a pas posé de questions sur une nouvelle politique, ni proposé à la presse de "réclamer des droits" à sa place. Ce qu'elle désirait, c'était simplement: "Ma famille ne sait pas comment faire pour que ma mère reçoive la pension de retraite qu'elle a gagnée grâce à un travail de toute sa vie...".
Cette phrase m'a hanté pendant de nombreux jours par la suite.
En suivant le domaine de l'assurance sociale, je pensais que mon travail serait lié à des réunions, des décrets, des circulaires ou des tableaux de données denses. Mais plus je voyageais, plus je rencontrais de travailleurs, de retraités, de patients et même de fonctionnaires mettant en œuvre des politiques, plus je comprenais que derrière chaque disposition légale se cache toujours la vie de nombreuses personnes.
Et c'est aussi à partir de là que j'ai compris pourquoi le journal Lao Dong pendant près d'un siècle a toujours réservé une place particulière aux histoires sur la sécurité sociale.

Pas des chiffres, mais des destins humains.
Si l'on ne regarde que les rapports, le domaine de l'assurance sociale est principalement constitué de chiffres: combien de personnes y participent? Combien de milliers de milliards de dongs sont versés? Combien d'entreprises sont en retard de paiement? Combien de cas bénéficient de prestations? Mais lorsque j'ai commencé à suivre ce domaine, j'ai réalisé que ces chiffres n'avaient jamais été insensibles.
Derrière chaque dette d'assurance se cache un ouvrier qui ne peut pas encore clôturer son livret pour trouver un nouvel emploi. Derrière une réglementation sur la maternité se cache la joie d'une jeune famille. Derrière une carte d'assurance maladie se cache l'opportunité de continuer le traitement d'un patient. Et derrière la pension de retraite non perçue se cachent les jours d'attente d'une personne âgée et faible.
C'est peut-être pour cela que chaque fois que je prends un appareil d'enregistrement pour entrer dans une interview, je me rappelle toujours que ce qu'il faut écouter en premier, ce ne sont pas les chiffres, mais les gens.
L'affaire de la vieille dame Nguyễn Thị Ngát (Hanoï) qui n'a pas pu recevoir d'allocations d'assurance sociale pendant 5 ans est l'une des étapes qui me manquent le plus.
Plus on se renseigne sur le dossier, plus l'histoire devient complexe. Il existe des réglementations sur la procuration, des réglementations sur la tutelle liées au tribunal, au parquet, la responsabilité du gouvernement local, de l'organisme d'assurance sociale local et aussi les lacunes lors de l'application de la loi dans la pratique.
J'ai relu les règlements, rencontré des avocats, échangé avec les organismes d'assurance sociale, travaillé avec les autorités locales. Chaque réunion ajoutait un morceau de puzzle.
Ce qui me préoccupe le plus n'est pas de déterminer à quelle unité appartient le bien ou le mal, mais de savoir comment faire en sorte que cette histoire soit perçue du point de vue des droits des citoyens. Car si l'on s'arrête seulement à souligner une lacune, l'article se refermera lorsque la page se refermera.
Mais si cela contribue à inciter les parties à s'asseoir ensemble et à trouver des solutions, la valeur de la presse continuera après la publication de l'article.
Le jour où j'ai appris que l'organisme d'assurance sociale avait apporté toute la pension de retraite en souffrance à son domicile pour la verser, je ne pensais pas que c'était le "résultat" d'un journaliste en particulier.
Le métier de "décryptage" des politiques pour faciliter l'accès des citoyens

Faire du journalisme sur l'assurance sociale a également un travail très spécial: transformer les documents juridiques déjà secs en informations que tout citoyen peut comprendre. "Décrypter" les politiques pour faciliter l'accès des citoyens est également le travail quotidien des journalistes.
Lorsque le ministère de la Santé a publié de nouvelles réglementations sur les groupes de maladies qui peuvent être examinés et traités sans autorisation de transfert mais qui bénéficient toujours de l'assurance maladie, je ne voulais pas m'arrêter à la simple diffusion d'informations. J'ai pris le temps de lire chaque annexe, de comparer chaque groupe de maladies, d'échanger avec des experts pour répondre à la question la plus simple: "Quels avantages les citoyens bénéficieront-ils ?".
Après la publication de l'article, de nombreux lecteurs ont contacté la rédaction pour en savoir plus sur leur cas ou celui de leurs proches. Ces questions m'ont fait réaliser que parfois la plus grande valeur d'un article de journal ne réside pas dans le nombre de lecteurs, mais dans l'aide à un patient à comprendre correctement ses droits, afin de ne pas manquer l'opportunité d'être traité conformément à la politique. C'est aussi à ce moment-là que j'ai mieux ressenti le rôle de la presse dans la mise en œuvre de la politique plus près de la vie.
Au cours des années de suivi du domaine de l'assurance sociale, il y a un sujet qui me hante toujours: la situation des entreprises qui tardent à payer, les dettes de cotisations d'assurance sociale.
Les rapports statistiques n'indiquent peut-être que quelques lignes sur l'augmentation ou la diminution de la dette. Mais lorsque je rencontre des travailleurs dont le régime de maternité est suspendu, qui ne sont pas couverts par l'assurance chômage ou qui ne peuvent pas clôturer leurs livrets pour changer d'emploi, je comprends à quel point l'impact de ces dettes est important.
Quelqu'un m'a dit: "J'ai cotisé à l'assurance pendant de nombreuses années, et ce n'est que lorsque j'en ai eu besoin que j'ai su que mes droits étaient suspendus". Cette phrase m'a également rappelé que la responsabilité des journalistes n'est pas seulement de persister à rendre compte des faits, mais aussi de poser des questions pour que les organismes de gestion, les entreprises et la société examinent ensemble.
Parce que chaque article sur la dette d'assurance sociale, sur la mise en œuvre des politiques ou sur les difficultés dans la résolution des régimes, en fin de compte, vise un objectif commun: les droits légitimes des travailleurs doivent être protégés.
C'est aussi la raison pour laquelle, chaque fois que je commence un nouveau sujet, je me rappelle toujours: Derrière les chiffres, il y a toujours les gens. Et lorsque les journalistes savent écouter ces gens avec toute leur prudence et leur responsabilité, les nouvelles ne s'arrêteront pas seulement aux pages des journaux.
Les nouvelles deviendront un point d'appui de la sécurité sociale.