Le journaliste de Lao Dong s'est entretenu avec le directeur du Département du cinéma, Dang Tran Cuong, sur les difficultés rencontrées dans la "guerre" contre les films piratés ainsi que sur les solutions de coordination intersectorielle dans la période de pointe actuelle de traitement des violations du droit d'auteur.

Monsieur le Directeur, les sites web de films piratés sont depuis longtemps comparés à des "tentacules de pieuvre", bloquant un site web et révélant de nombreux autres sites web. Comment évaluez-vous la difficulté et la complexité de la lutte contre les films piratés dans le cyberespace aujourd'hui?
- Il s'agit d'une bataille très difficile et complexe car l'acte de violation des droits d'auteur des films dans l'environnement numérique n'est plus de petite échelle mais montre des signes d'activité organisée, de professionnalisation, voire d'éléments transfrontaliers. De nombreux sites web de films piratés fonctionnent selon le modèle "changement de nom de domaine - changement de serveur - réapparition", de sorte que lors du traitement d'une adresse, de nombreuses nouvelles adresses peuvent apparaître très rapidement.
L'examen réel du groupe de travail sur la gestion des films sur le cyberespace relevant du Département du cinéma montre que de nombreux sites web de films piratés fonctionnent en grand nombre, changeant constamment de nom de domaine et d'adresse d'accès tels que Mot***, Phim***, Bilu***, Sub***, Fmo***, Ghiền***... avec une série de variantes de noms de domaine différents pour éviter le traitement.
Par conséquent, la lutte contre les films piratés ne peut pas se faire uniquement en traitant chaque site web individuellement, mais il est nécessaire de déployer simultanément des solutions juridiques, techniques et de coordination intersectorielle.
La protection du droit d'auteur dans l'industrie cinématographique protège non seulement les droits des producteurs, mais aussi l'environnement créatif et le développement durable de l'industrie. Si la situation des films piratés se poursuit, les unités de production auront des difficultés à récupérer leur capital, réduisant ainsi la motivation d'investir dans des œuvres de qualité.
Cependant, il s'agit d'un processus long. Outre l'inspection et le traitement, il est nécessaire de sensibiliser à l'utilisation de contenus légaux et de développer des plateformes de visionnage de films authentiques de bonne qualité, à des coûts raisonnables et pratiques. Ce n'est qu'en combinant étroitement l'application de la loi et le développement d'un marché de contenus numériques légaux que la prévention et la lutte contre les films piratés seront durables.
Comment évaluez-vous et reconnaissez-vous la "portée" de notre traitement par rapport à la "portée" déformée des contrevenants?
- On peut dire que c'est une "course à la vitesse" très difficile. Dans de nombreux cas, la vitesse de transformation des sites web de films piratés est actuellement très rapide. Un site web peut être bloqué ou traité la veille, mais immédiatement après, il est apparu sous un nouveau nom de domaine, un nouveau serveur, utilisant même un système distribué ou plaçant un serveur à l'étranger pour continuer à fonctionner.
Pendant ce temps, les organismes de gestion de l'État doivent mettre en œuvre correctement les procédures légales, notamment la vérification des sujets, la collecte de preuves électroniques et la coordination avec de nombreux organismes, en particulier dans les cas comportant des éléments transfrontaliers. Par conséquent, si l'on traite chaque site web individuellement, il sera très difficile de suivre le rythme de transformation des contrevenants.
Selon vous, quelle est la plus grande difficulté dans le traitement des cas de sites web piratés, de films piratés et de violations du droit d'auteur dans le cinéma?
- À mon avis, la plus grande difficulté actuelle est que l'environnement numérique évolue très rapidement, tandis que les actes illégaux sont de plus en plus sophistiqués, flexibles et ont un élément transfrontalier.
Par ailleurs, la conscience de l'utilisation de contenus protégés par le droit d'auteur d'une partie des utilisateurs reste limitée.
Selon le télégramme officiel n° 38/CĐ-TTg récemment publié, le ministère de la Sécurité publique présidera la coordination pour démanteler les grands sites web piratés. Quel sera le rôle professionnel du Département du cinéma dans cette période de pointe, Monsieur le Directeur?
- La lutte et le traitement des sites web de films piratés nécessitent la coordination entre de nombreux organismes, dans lesquels le ministère de la Sécurité publique joue un rôle clé dans l'enquête et le traitement des actes de violation du droit pénal dans le cyberespace.
Le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme, par l'intermédiaire du Bureau du droit d'auteur, est responsable de la gestion des droits d'auteur et des droits voisins. Le Département du cinéma se coordonnera avec le Bureau du droit d'auteur et les agences fonctionnelles pour examiner et identifier les sites web qui violent les règles relatives aux films, évaluer le niveau d'impact et soutenir le traitement conformément à la fonction.
Le Département du cinéma coopérera également avec les distributeurs, les cinémas et les plateformes de diffusion de films légaux pour détecter rapidement les actes de tournage illégal et de diffusion illégale de films, contribuant ainsi à protéger les droits d'auteur et à développer l'industrie cinématographique vietnamienne.
Après le télégramme officiel n° 38/CĐ-TTg du 5 mai 2026 du Premier ministre, le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme a élaboré un plan de mise en œuvre de l'inspection du respect de la législation sur les droits d'auteur et les droits voisins, en mettant l'accent sur l'inspection du droit d'auteur des œuvres cinématographiques sur le réseau. Plan de création d'équipes d'inspection intersectorielles et de renforcement de la coordination avec les agences fonctionnelles.
Le Bureau du droit d'auteur préside et coordonne avec le Département du cinéma, le Département de la radio, de la télévision et de l'information électronique, ainsi qu'avec les unités du ministère de la Sécurité publique telles que le Département de la cybersécurité, le Département de la police d'investigation et l'Institut des sciences criminelles pour inspecter les sujets qui exploitent et utilisent illégalement des œuvres cinématographiques en ligne.