Le 18 mars, s'exprimant à la télévision, le ministre turc de l'Énergie, Alparslan Bayraktar, a affirmé qu'Ankara promouvait activement un corridor énergétique alternatif pour réduire sa dépendance aux routes maritimes stratégiques paralysées.
La proposition principale est d'étendre l'oléoduc existant (reliant Kirkouk en Iran au port turc de Ceyhan) jusqu'à la ville portuaire de Basra, dans le sud de l'Irak. Ceci est considéré comme un effort de la Turquie pour découvrir et exploiter de nouvelles voies permettant au pétrole du Golfe d'accéder au marché international sans passer par le détroit d'Ormuz.
Ce projet devrait supporter jusqu'à 1,5 million de barils de pétrole par jour, soit 50% des exportations totales de l'Irak. Dans un contexte où environ 20 millions de barils de pétrole traversant le détroit d'Ormuz sont interrompus chaque jour, les alliés occidentaux placent de grands espoirs dans l'initiative d'Ankara visant à stabiliser l'approvisionnement de la région méditerranéenne.
Cependant, les experts ont découvert que les différends politiques internes en Irak et les dommages aux infrastructures depuis 2014 restent des obstacles majeurs, nécessitant d'énormes investissements et une longue période pour se concrétiser complètement.
Outre le pétrole, la Turquie ambitionne également de renforcer son rôle de centre énergétique eurasien par le biais du projet de ligne de transport d'électricité depuis l'Arabie saoudite. M. Bayraktar a déclaré qu'Ankara négociait la mise en place d'un réseau de transport d'électricité du Golfe à travers le territoire turc pour approvisionner l'Europe.
Il s'agit d'une étape stratégique visant à construire une nouvelle chaîne de valeur, aidant les alliés de l'OTAN et de l'UE à disposer de solutions de secours en matière de sécurité énergétique dans un contexte d'instabilité géopolitique.
Le fait que la Turquie prenne l'initiative de proposer une solution intervient au moment même où les pays partenaires sont en train de chercher une issue à la soif mondiale de pétrole. Cependant, l'avancement du projet "Route du développement" du golfe Persique à l'Europe dépend toujours de la capacité de Bagdad à s'entendre avec le gouvernement de la région du Kurdistan.
Malgré de nombreux défis, avec une infrastructure existante de 970 km de long, la Turquie prouve qu'elle est un maillon irremplaçable pour assurer le flux mondial d'énergie face aux blocages iraniens.