Les données de surveillance des navires Kpler viennent de confirmer un développement inattendu dans le détroit d'Ormuz lorsque 3 pétroliers de la National Shipbuilding Corporation of Iran (NITC), qui subit de lourdes sanctions américaines, ont traversé le détroit au début de cette semaine. Les navires transportant 5 millions de barils de pétrole brut se dirigent directement vers le golfe d'Oman alors que la flotte commerciale mondiale est toujours paralysée.
L'identité de ces navires comprend le navire Suezmax Sinopa et la paire de très grands pétroliers bruts (VLCC) Stream et Serena. Il est à noter que ce groupe comprenait également le navire Nora - un navire qui avait été arrêté par la Malaisie au début de l'année pour son implication dans le transport illégal de pétrole.
La réalité sur le terrain est à un niveau d'alerte rouge. Selon un rapport de la bourse Baltic Exchange, plus de 540 pétroliers contenant environ 300 millions de barils de pétrole, d'une valeur allant jusqu'à 32 milliards de dollars, sont toujours bloqués dans le golfe Persique depuis le début du conflit le 28 février. Les experts ont constaté que le risque pour l'industrie maritime a grimpé en flèche après que les attaques israéliennes contre le gisement de gaz iranien ont conduit à des ripostes contre les infrastructures des partenaires régionaux.
Même un pétrolier a pris feu violemment près du port de Khor Fakkan aux ÉAU, ce qui montre qu'il n'y a pas de zone réellement sûre pour les navires de transport qui ne sont pas des "priorités" de Téhéran.
Dans ce contexte, le Parlement iranien examine une proposition d'imposer des taxes et des redevances à tout navire souhaitant traverser le détroit d'Ormuz. Ceci est considéré comme un effort de Téhéran pour transformer ce détroit en une "station de péage" stratégique sous contrôle militaire direct.
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a récemment révélé son intention de lever temporairement les sanctions contre 140 millions de barils de pétrole iranien bloqués en mer afin de faire baisser les prix de l'énergie.
M. Bessent a expliqué qu'il s'agissait d'un effort visant à reconstituer l'offre immédiate pour le marché dans les 10 à 14 prochains jours. Les experts économiques ont découvert qu'il s'agissait en fait d'un coup de bâton, utilisant les ressources de l'adversaire pour éliminer l'avantage de la manipulation des prix que l'Iran détient dans le Golfe.