Le journal Izvestia rapporte que des scientifiques russes viennent d'annoncer un plan ambitieux: déployer un module nucléaire sur la Lune en 2036, afin de fournir de l'énergie aux bases extraterrestres et aux vaisseaux spatiaux à l'avenir.
L'information a été donnée lors du Forum spatial russe récemment, où des experts de l'Institut Kourtchatov ont déclaré que ce projet pourrait devenir la "clé" pour aider l'humanité à aller plus loin dans l'exploration de l'espace profond.
Comment fonctionne la centrale nucléaire lunaire?
Selon le plan, le module énergétique fonctionnera sur la base du principe de conversion directe de l'énergie nucléaire en énergie électrique, avec une puissance d'environ 5 kW et une durée de vie d'environ 5 ans. Ensuite, le système sera remplacé par une nouvelle version pour maintenir un fonctionnement continu.
L'appareil devrait mesurer environ 3,5 x 3,5 m et peser 1,5 tonne. Le prototype sera achevé avant 2032 pour des essais au sol, avant d'être coordonné par le groupe aérospatial russe Roscosmos pour être envoyé sur la Lune.
Les scientifiques soulignent que l'énergie est un facteur décisif dans la conquête de l'espace. Lorsqu'elles ne dépendent plus de l'approvisionnement de la Terre, les bases extraterrestres peuvent fonctionner indépendamment pendant de longues périodes.
Un point notable est l'efficacité du combustible nucléaire: seulement 1 kg d'uranium peut produire une énergie équivalente à 20 000 tonnes de charbon, suffisante pour maintenir l'infrastructure technique sur la Lune pendant de nombreuses années.
Les vaisseaux spatiaux vont-ils "échapper à la dépendance" à la Terre?
Ne se limitant pas à la Lune, la technologie nucléaire ouvre également un tournant pour les moteurs de vaisseaux spatiaux. Au lieu d'utiliser du combustible chimique, les nouveaux moteurs utiliseront des réacteurs nucléaires pour chauffer des liquides tels que l'hydrogène, créant une poussée plus forte et plus efficace.
Selon les experts, ce type de moteur pourrait contribuer à réduire considérablement le temps de vol interplanétaire. Le vol vers Pluton - qui prend de nombreuses années avec la technologie actuelle - pourrait ne prendre que 2 à 4 mois.
En particulier, les vaisseaux spatiaux futurs pourraient utiliser des ressources disponibles telles que l'eau sur la Lune ou d'autres corps célestes comme "carburant", réduisant ainsi complètement leur dépendance à l'égard de la Terre.
La course à l'espace entre dans une nouvelle phase
Les experts estiment que le pays qui construira d'abord un système d'approvisionnement en énergie extraterrestre prendra un avantage considérable dans la course à l'espace. Non seulement pour la recherche, mais ces technologies peuvent également ouvrir de longues bases et des corridors de transport spatial.
Outre le projet énergétique, la Russie promeut également une série d'autres plans tels que le missile Amur-GNL à couche réutilisable, dont les essais sont prévus en 2028, et le missile léger Start-1M qui pourrait être lancé pour la première fois en 2027.
Une nouvelle station spatiale russe devrait également être déployée à partir de 2028, parallèlement à l'expansion du système de navigation mondial GLONASS et au renforcement de la coopération internationale.
Les observateurs estiment que le développement de sources d'énergie indépendantes dans l'espace n'est pas seulement un progrès technologique, mais façonne également la façon dont les humains abordent l'univers. Lorsque le problème de l'énergie sera résolu, des missions plus éloignées - voire vers des planètes extrasolaires - pourraient ne plus être une fiction.