L'Iran a accepté d'autoriser 20 navires battant pavillon pakistanais à traverser le détroit d'Ormuz. Islamabad a qualifié cette initiative de progrès important pour atténuer l'une des crises énergétiques les plus graves de l'histoire moderne.
Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, a annoncé cette décision le 28 mars sur le réseau social X. Il a déclaré que, selon l'accord, les 2 navires seraient autorisés à traverser le détroit d'Ormuz chaque jour.
Le principal diplomate pakistanais a décrit la décision de l'Iran comme un "signal de paix", qui pourrait contribuer à rétablir la stabilité dans la région, et l'a qualifiée d'"acte de bonne volonté positif et louable".
Le message du ministre pakistanais des Affaires étrangères Ishaq Dar mentionne directement le vice-président américain JD Vance, le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio, l'envoyé spécial américain Steve Witkoff et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.
Cela montre qu'Islamabad participe aux efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit, considérant cet accord non seulement comme un accord de transport bilatéral.
Le Pakistan a une frontière de 900 km avec l'Iran. L'annonce du 28 mars est le résultat d'une semaine de diplomatie renforcée par le Pakistan. Le chef d'état-major de l'armée, le maréchal Asim Munir, s'est entretenu avec le président américain Donald Trump le week-end dernier. Le ministre des Affaires étrangères Dar s'est également entretenu par téléphone avec ses homologues iranien et turc.
Le détroit d'Ormuz est presque fermé depuis que les États-Unis et Israël ont mené des frappes aériennes coordonnées sur l'Iran le 28 février, tuant le Guide suprême Ali Khamenei et déclenchant des conflits qui ont fait des milliers de morts en Iran et au Liban, tout en choquant le marché mondial.
L'étang d'Ormuz n'est pas seulement le goulot d'étranglement du pétrole. C'est une valve artérielle de la production mondialisée et comme toute valve, lorsqu'elle tombe en panne, tout le système circulatoire s'effondrera", a écrit l'ancien responsable qatari Mohammed Al-Hashemi dans Al Jazeera cette semaine.
On estime à environ 2 000 le nombre de navires bloqués aux deux extrémités du détroit d'Ormuz, ce qui fait dépasser le prix du pétrole de 100 dollars le baril, soit une augmentation d'environ 40%.
Pendant ce temps, le Corps des Gardiens de la révolution islamique iraniens (CGRI) a transformé ce détroit en une forme de "poste de contrôle". Les navires souhaitant passer doivent fournir des informations sur les marchandises, la liste des marins et la destination aux intermédiaires approuvés par le CGRI, recevoir un code de passage et être escortés à travers les eaux territoriales iraniennes.
Au moins 2 navires ont payé pour traverser le détroit d'Ormuz, qui serait d'environ 2 millions de dollars par passage, payés en yuan chinois.
Le Parlement iranien promeut la légalisation de ce mécanisme comme source de revenus potentielle.
Le 27 mars, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a annoncé que les navires malaisiens avaient été autorisés à traverser le détroit d'Ormuz et a remercié le président iranien Masoud Pezeshkian.
Depuis le début du conflit iranien le 28 mars, seuls environ 150 navires ont traversé le détroit d'Ormuz, ce qui équivaut au débit d'une journée normale. Le débit maritime sur cette route a diminué de 90%.
Le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), Ngozi Okonjo-Iweala, a déclaré que le commerce mondial traversait "la pire perturbation depuis 80 ans".