Dans un contexte de paralysie de la ligne de transport de pétrole la plus importante au monde, le Royaume-Uni s'est manifesté pour rassembler les ministres des Affaires étrangères de 40 pays afin de trouver une solution pour rouvrir le détroit d'Ormuz - l'artère principale reliant le Golfe aux océans mondiaux.
La ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper a accusé l'Iran d'être "audacieux" en bloquant cette route maritime stratégique, estimant que cette action "menaçait la sécurité économique mondiale". Selon elle, Téhéran a "transformé une route de transport international en otage de l'économie mondiale".
En fait, les attaques de représailles de l'Iran contre les navires marchands, ainsi que le risque d'escalade consécutive, ont entraîné la quasi-totalité des opérations de transport via Hormuz. Il s'agit d'une route qui transporte 20% du pétrole mondial, de sorte que l'interruption a fortement fait grimper les prix de l'énergie.
Il est à noter que le président Donald Trump n'a pas envoyé de représentant pour participer à la conférence. Auparavant, il avait déclaré que la garantie de la sécurité à Ormuz "n'était pas la responsabilité des États-Unis", tout en continuant à faire pression sur les alliés européens pour qu'ils ne soutiennent pas l'opération militaire. Le dirigeant américain a également réitéré son avertissement de se retirer de l'OTAN.
Les pays participant à la conférence - dont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Canada, le Japon et les Émirats arabes unis - ont signé une déclaration commune demandant à l'Iran de mettre fin au blocus du détroit d'Ormuz, tout en s'engageant à "contribuer aux efforts appropriés" pour assurer la liberté de navigation.
Cependant, derrière la déclaration dure se cache une réalité prudente: aucun pays n'est prêt à recourir à la force pour rouvrir le détroit alors que le conflit est toujours en cours. Les experts mettent en garde l'Iran contre l'utilisation de missiles anti-navires, de drones, de navires d'attaque rapide et de mines marines pour transformer Ormuz en un "point d'étranglement dangereux" pour toute opération militaire.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer aurait clairement souligné que Londres ne voulait pas être entraînée dans la guerre. Ce point de vue reflète également la psychologie générale de nombreux pays participant à l'alliance qui privilégient une solution diplomatique plutôt qu'une confrontation militaire directe.
Le président français Emmanuel Macron a également rejeté la possibilité de rouvrir Hormuz par la force, estimant qu'il s'agissait d'une option "irréaliste". Selon lui, une telle opération serait longue, coûteuse et exposerait les navires à des risques majeurs liés au système de défense côtière iranien, en particulier les Gardiens de la révolution islamique.
Au lieu de cela, M. Macron a proposé un dialogue direct avec Téhéran comme une voie plus réalisable pour rétablir le trafic maritime.
Selon les données de Lloyd's List Intelligence, depuis le début du conflit fin février, il y a eu 23 attaques contre des navires commerciaux dans la région du Golfe, faisant au moins 11 morts parmi les marins.
De son côté, l'Iran a déclaré que les navires "non hostiles" pouvaient toujours traverser le détroit, et que le blocus ne visait que les navires des pays hostiles et de leurs alliés.
Malgré cela, avec des tensions qui ne montrent aucun signe de désescalade, Ormuz reste le point chaud le plus dangereux sur la carte énergétique mondiale.