Le Parlement français prévoit de franchir une nouvelle étape dans l'abrogation des textes juridiques anciens qui définissaient autrefois les esclaves dans les colonies comme des "actifs dynamiques", dans une démarche symbolique liée à l'histoire coloniale et à l'esclavage du pays.
La Chambre des représentants française discutera d'un projet de loi visant à annuler les décrets royaux appelés "Code noir" ou "Code noir", avant que le document ne soit soumis au Sénat pour examen à un moment non précisé.
Le président Emmanuel Macron, qui quittera ses fonctions l'année prochaine après deux mandats, a publiquement soutenu la semaine dernière l'abrogation de ces lois. Bien que la France ait mis fin à l'esclavage il y a plus de 170 ans et reconnaisse l'esclavage et le trafic d'esclaves comme des "crimes contre l'humanité" depuis 2001, les décrets promulgués aux XVIIe et XVIIIe siècles n'ont jamais été officiellement annulés.
Selon les estimations des experts, la France était autrefois le 3e plus grand pays d'esclavage d'Europe, juste après l'Angleterre et le Portugal. Du XVIIe au XIXe siècle, plus d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants africains ont été forcés de monter sur des navires quittant les ports français pour devenir esclaves dans les plantations des Caraïbes et les colonies offshore.
Les premiers décrets du "Code noir" ont été rédigés sous le règne du roi Louis XIV. Ce texte stipule que tous les esclaves doivent être catholiques et interdit aux propriétaires d'esclaves de les forcer à travailler le dimanche. Cependant, le code décrit également les esclaves comme des "biens actifs" qui peuvent être hérités, tout en appliquant des punitions sévères telles que la coupure de l'oreille à ceux qui tentent de s'échapper. Les enfants des esclaves sont également obligés de continuer à avoir le même statut que leurs parents.
M. Max Mathiasin, député de Guadeloupe, une région d'outre-mer autrefois colonie française, estime que l'abrogation de ces décrets serait "un geste politique et un symbole fort".
Selon M. Max Mathiasin, le "Code noir" a "organisé le déni de l'humanité des femmes, des hommes et des enfants réduits en esclavage uniquement pour leur origine et leur couleur de peau".
La France a mis fin à l'esclavage en 1794 sous la Révolution française. Cependant, Napoléon Bonaparte a ensuite envoyé des troupes en Guadeloupe en 1802 pour rétablir ce régime. Ce n'est qu'en 1848 que la France a de nouveau aboli l'esclavage.