Le département américain de la guerre aurait signé un accord avec la société xAI d'Elon Musk pour intégrer le chatbot Grok dans les systèmes militaires secrets. Cet accord ferait de Grok le deuxième système d'IA approuvé pour être utilisé sur les réseaux les plus sensibles de l'armée américaine.
Auparavant, le modèle Claude d'Anthropic était le seul système fonctionnant sur des plateformes secrètes en coopération avec Palantir Technologies. Ces réseaux servent à l'analyse du renseignement, au développement d'armes et à la gestion des opérations de champ de bataille.
La nouvelle initiative intervient dans un contexte où le secrétaire américain à la Guerre, Pete Hegseth, convoque M. Dario Amodei, directeur exécutif d'Anthropic, au Pentagone. En conséquence, M. Hegseth prévoit de demander à Anthropic d'autoriser Claude à être utilisé à "tout usage légal" sans imposer de mesures restrictives supplémentaires, faute de quoi il pourrait être considéré comme un "risque de chaîne d'approvisionnement".
Anthropic s'oppose à la suppression des barrières qui empêchent sa technologie d'être utilisée pour surveiller massivement les citoyens américains ou de la déployer dans des systèmes d'armes entièrement automatisés non contrôlés par l'homme. Pendant ce temps, xAI aurait accepté les exigences du Pentagone, bien que la société n'ait pas encore commenté.
Des sources indiquent que Google se rapproche également d'un accord autorisant l'utilisation du modèle Gemini dans un environnement secret. OpenAI n'a pas encore conclu d'accord similaire et se concentre toujours sur le développement de technologies de sécurité.
Des responsables du Pentagone reconnaissent que le remplacement d'Anthropic pourrait provoquer des perturbations à court terme. Claude a été utilisé lors de l'opération d'arrestation du président Nicolas Maduro le mois dernier, marquant la première fois que l'IA est connue pour avoir un rôle direct dans un raid militaire en cours.
Anthropic construit son image comme une entreprise axée sur la sécurité. M. Dario Amodei a mis en garde à plusieurs reprises contre les risques existants si l'intelligence artificielle se développe sans contrôle. La semaine dernière, M. Mrinank Sharma, chef de l'équipe de recherche sur la sécurité de l'entreprise, a démissionné de manière inattendue et a averti que "le monde est en danger".
L'accord avec xAI montre que les États-Unis exercent une pression accrue sur les fournisseurs de technologie, tout en élargissant l'intégration de l'IA dans les systèmes militaires les plus sensibles.