L'Union européenne (UE) prévoit d'organiser une réunion d'urgence pour examiner la proposition de suspension complète du processus de ratification de l'accord Turnberry avec les États-Unis.
Cette décision ferme a été prise après que M. Bernd Lange, chef de la Commission du commerce du Parlement européen, a critiqué les dernières politiques de Washington comme étant un "pur chaos tarifaire". Ce responsable a demandé à l'administration du président Donald Trump de fournir des évaluations juridiques complètes et des engagements transparents avant que le bloc ne continue à travailler.
L'indignation au Parlement européen a éclaté après les bouleversements juridiques du week-end dernier. Dès que la Cour suprême américaine a rejeté le droit du président d'imposer des impôts d'urgence le 20 février, M. Trump a immédiatement annoncé un taux d'imposition mondial de 10%.
Un jour plus tard seulement, il a continué à pousser ce taux d'imposition au plafond de 15% sur la base de l'article 122 de la loi sur le commerce de 1974. Cette décision éclair a soulevé d'innombrables questions sans réponse et a attisé l'inquiétude des principaux partenaires commerciaux américains.
L'accord Turnberry, conclu l'été dernier entre M. Trump et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prévoit un droit de 15% sur la plupart des exportations du bloc vers les États-Unis. En retour, l'Europe doit supprimer complètement les droits de douane sur les importations américaines dans le bloc, tandis que Washington reste déterminé à maintenir des droits de douane punitifs allant jusqu'à 50% sur l'acier et l'aluminium du continent.
L'UE a dû serrer les dents et accepter cet accord quelque peu désavantagé dans l'espoir d'éviter une guerre commerciale totale, tout en maintenant le soutien de sécurité vital des États-Unis à la question ukrainienne. Selon l'ancien plan, le Parlement devrait approuver officiellement l'accord en mars prochain.
Cependant, les dernières sanctions fiscales ont ébranlé à la racine la base de l'accord. Dans une interview accordée à France Inter le 22 février, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noel Barrot a publiquement exprimé son scepticisme quant à l'efficacité de l'accord et a affirmé que l'Europe prendrait des mesures de représailles proportionnées.
Le même jour, la Commission européenne a également envoyé un message demandant à Washington de clarifier les prochaines étapes. L'agence a souligné que les États-Unis devaient respecter les engagements signés, en veillant à ce que les marchandises européennes ne soient pas soumises à des droits de douane supplémentaires dépassant le plafond convenu.
Afin de tenter de désamorcer la crise, le commissaire au commerce de ce bloc, M. Maroš Šefčovič, a eu une conversation téléphonique d'urgence avec le représentant américain au commerce Jamieson Greer et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick. Il est à noter que ce n'est pas la première fois que la commission parlementaire utilise cette tactique. Ils avaient déjà gelé le processus d'approbation de l'accord après que M. Trump ait menacé d'annexer l'île du Groenland.