Cependant, pour que ce modèle entre réellement dans la vie, le problème ne réside pas seulement dans la promulgation de politiques, mais dans la capacité d'équilibrer les intérêts entre les trois acteurs importants du marché: l'État, les entreprises et les citoyens.
Le marché du logement ne fonctionne durablement que lorsque les trois parties trouvent un point d'intersection d'intérêts. L'État joue un rôle dans la création d'institutions et la régulation du marché. Les entreprises sont la force qui investit et développe directement les projets. Les citoyens sont les bénéficiaires finaux de la politique.
Si l'un de ces trois facteurs est désynchronisé, la politique aura du mal à réussir.
Pour l'État, le plus important est de construire un mécanisme transparent et stable. L'immobilier est un domaine d'investissement à long terme, le cycle de vie des projets dure souvent de nombreuses années. Par conséquent, si les politiques sont incohérentes, les procédures sont complexes ou changent constamment, il sera difficile pour les entreprises d'investir audacieusement dans des segments à faible marge bénéficiaire tels que le logement commercial à prix abordable.
Pendant ce temps, les entreprises dont la mission est de fournir des produits à la société doivent toujours fonctionner selon les lois du marché avec un objectif maximal de profit. Un projet ne peut être mis en œuvre que s'il garantit des bénéfices raisonnables, suffisants pour compenser les coûts fonciers, de construction, financiers et les risques du marché. Si les bénéfices sont trop limités, les flux de capitaux d'investissement afflueront automatiquement vers d'autres segments plus attractifs.
À l'inverse, les citoyens, en particulier les travailleurs urbains, ont besoin d'un prix vraiment adapté à leurs revenus.
Cependant, la mise en œuvre de cette politique n'est pas simple. Tout d'abord, il est nécessaire de déterminer clairement quel est le critère du "prix abordable". Si le prix de vente n'est que légèrement inférieur à celui des commerçants ordinaires, la politique aura du mal à atteindre le bon public. Inversement, si le prix est fixé trop bas, les entreprises n'auront pas suffisamment de motivation pour investir.
Le problème suivant réside dans le terrain, un facteur qui représente une part importante du coût du logement. S'il n'y a pas de mécanisme de terrain propre, d'incitations à l'utilisation des terres ou de planification raisonnable du fonds foncier, il est très difficile de créer des produits de logement à un coût inférieur à celui du marché.
Un autre problème qui doit également être contrôlé est la spéculation. S'il n'y a pas de mécanisme de surveillance strict, les logements commerciaux à prix abordable risquent de répéter le tourbillon des acheteurs pour investir, transférer pour faire des profits au lieu de trouver un logement réel.
La capacité de mise en œuvre des localités joue également un rôle clé. De la planification du fonds foncier, du choix des investisseurs, de l'approbation des projets au contrôle des prix de vente, tout dépend de l'appareil de gestion au niveau local. Si la phase de mise en œuvre manque de détermination ou de transparence, même si la politique est correcte, elle aura du mal à être efficace.
Cependant, l'expérimentation du développement de logements commerciaux à prix abordable reste un signal positif montrant les efforts de l'État pour ajuster la structure du marché immobilier.
S'il est correctement conçu et mis en œuvre de manière synchrone, le logement commercial à prix abordable n'est pas seulement une politique de logement. C'est aussi la solution au "point d'étranglement" de la résidence de millions de travailleurs, tout en contribuant à créer une base pour le développement durable des villes vietnamiennes dans les années à venir.