Le cliquetis des touches résonne désordonné dans la maison silencieuse. Il est 21 heures, Mme Thu Mai (28 ans, employée de communication à Lang Son) ne peut toujours pas quitter des yeux l'écran de son ordinateur portable. Derrière elle, son fils de 3 ans s'est endormi sur le canapé avec un jouet inachevé.
La scène dans la famille de Mme Mai est un petit tableau de nombreuses jeunes mères modernes. Emportées par le tourbillon des indices d'évaluation de la performance (KPI), de nombreuses travailleuses doivent se démener pour jouer "deux rôles", une employée diligente au bureau et une mère parfaite à la maison.
Le dernier mois du trimestre, la pression du travail pèse lourdement. Mme Mai a partagé que la nature du travail exige qu'elle soit constamment présente au téléphone, qu'elle traite les informations et qu'elle fasse rapport sur les progrès.
Il y a des jours où je ne quitte l'entreprise qu'à 19 heures du soir, et quand je rentre à la maison, j'ai déjà mangé le riz moi-même. Dès que j'ai pris le bol de riz, les messages du groupe de discussion ont retenti. J'ai dû jeter les bols et les baguettes pour m'en occuper. En me retournant, j'étais déjà endormie depuis un certain temps", a raconté Mme Mai.
La fatigue réprimée fait que les moments passés en famille diminuent progressivement. La promesse d'emmener les enfants jouer le week-end est annulée à la dernière minute à cause d'un projet soudain.
La société moderne place sur les épaules des femmes un paradoxe plein de défis. Dans l'environnement de bureau, elles sont confrontées à une concurrence féroce.
Si elles font un pas en arrière, elles sont facilement considérées comme distraites. Mais lorsqu'elles franchissent la porte de la maison, elles sont obligées de se consacrer corps et âme à prendre soin de leur famille.
Mme Minh Anh, travaillant dans une entreprise à Lang Son, partage également la même situation.
Elle a confié: "Parfois, je me sens épuisée. Je veux me battre pour ma carrière afin que mon enfant ait un avenir meilleur, mais le prix à payer est que le temps consacré à mon enfant est trop court. Souvent, je suis extrêmement gênée pour mon enfant, mais être en retard au travail n'est pas non plus acceptable".
Le déséquilibre prolongé affecte non seulement la qualité du travail, mais épuise également la santé mentale des travailleuses, les poussant dans un état de stress prolongé.
Après que son enfant soit tombé malade et ait dû être hospitalisé au milieu de la nuit alors qu'elle était encore en train de faire un rapport, Mme Mai a décidé de discuter franchement avec ses supérieurs pour ajuster la charge de travail, acceptant une légère réduction de son revenu en échange du fait de pouvoir quitter le bureau à 17h30 précises.
Je réalise que la carrière peut être reconstruite, mais l'enfance de mon enfant n'est qu'une seule", a souri Mme Mai, les yeux légers.
L'équilibre entre le travail et la famille n'a jamais été un problème facile pour les jeunes mères. Ce dont elles ont besoin, ce n'est pas seulement leurs propres efforts, mais aussi la compréhension et le partage de leur conjoint, ainsi que des politiques plus flexibles et humaines de la part des agences et des organisations.