La décision du Premier ministre britannique Keir Starmer du 25 mars d'autoriser l'armée britannique à inspecter les navires de la « flotte sombre » russe ne semble pas avoir eu d'impact significatif sur le nombre de navires traversant les eaux britanniques.
Au cours du mois suivant l'annonce de M. Starmer, au moins 98 navires russes faisant l'objet de sanctions britanniques ont traversé les eaux de ce pays, ce qui équivaut presque au niveau de chaque mois des 3 mois précédents.
Aucune annonce n'a encore été faite concernant la montée à bord pour inspecter ou arrêter les navires susmentionnés. Ces navires ont souvent une structure de propriété peu transparente et peuvent transporter du pétrole, des céréales et des armes.
Les données de suivi du London Securities Exchange Group (LSEG) montrent que 63 navires sont entrés dans une zone de 12 milles marins à partir de la côte de la Manche, la route la plus directe reliant la mer Baltique à l'Europe du Sud.
De plus, 35 autres navires ont traversé la zone économique exclusive (ZEE) britannique - une zone s'étendant jusqu'à 200 milles marins de la côte, principalement autour du nord de l'Écosse.
Si l'on veut que ce soit efficace, il faut déployer rapidement l'inspection des navires. Sinon, ces navires concluront qu'il ne s'agit que d'une simple menace et, malheureusement, la situation est telle", a déclaré Elisabeth Braw, experte en sécurité maritime du Conseil de l'Atlantique basé à Washington, aux États-Unis.
Ces derniers mois, d'autres pays européens tels que la France, la Belgique et la Suède ont inspecté et saisi des navires appartenant à la "flotte sombre" russe.
Autrefois une puissance navale de renom, la marine britannique est actuellement la plus petite de son histoire depuis le XVIIe siècle. Pendant ce temps, l'armée britannique doit répondre aux exigences de ses alliés en matière de soutien aux opérations en Europe de l'Est, dans l'Arctique et au Moyen-Orient.
Londres a actuellement inscrit 544 navires censés être liés à la "flotte sombre" russe sur la liste des sanctions.
Les données montrent également qu'au moins 10 navires traversant les eaux britanniques ont commis l'acte de "spoofing", c'est-à-dire éteindre les dispositifs de positionnement ou interférer avec les signaux de suivi pendant le déplacement.
Le Kremlin estime que les sanctions contre les navires russes sont illégales et qualifie la dernière politique britannique d'"acte hostile profond" qui pourrait conduire à une riposte.
Selon les analystes, le fait que le Royaume-Uni n'ait pas pris de mesures fortes après la décision du 25 mars reflète de nombreuses difficultés, notamment le manque de garde-côtes spécialisés comme la France ou la Suède, ainsi que des problèmes juridiques et économiques liés au traitement d'un nombre excessif de navires.