Le 3 mars, les autorités belges ont confirmé avoir accordé une caution de 10 millions d'euros (environ 11,61 millions de dollars) au pétrolier Ethera après son arrestation le 1er mars.
Selon le ministère belge des Affaires maritimes, Ethera est soupçonnée d'appartenir à la "flotte sombre" russe - un terme utilisé pour désigner les pétroliers opérant avec une structure de propriété vague, changeant fréquemment d'immatriculation et hissant d'autres drapeaux nationaux pour échapper aux sanctions.
Les autorités ont déclaré avoir détecté 45 violations à bord du navire, principalement liées à de faux papiers. Parmi celles-ci, la plus grave est l'accrochage par le navire d'un faux drapeau de Guinée et l'utilisation de certificats invalides.
Selon les réglementations publiées par la Belgique, Ethera n'est autorisée à quitter le port que si elle remplit trois conditions: Payer une caution de 10 millions d'euros; réussir une inspection supplémentaire; et remplir les exigences de réparation, notamment l'enregistrement légal du drapeau national, avoir une certification technique complète et réparer les défauts techniques.
Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, a déclaré que le gouvernement prenait des mesures "fortes et résolues" contre les navires de la flotte des ténèbres. Selon lui, cette opération vise à mettre en œuvre les sanctions de l'Union européenne (UE), à protéger les eaux du Nord et à limiter les ressources financières pour l'opération militaire russe en Ukraine.

Ethera figure actuellement sur la liste des sanctions de l'UE. Les sanctions imposées par l'Occident à la Russie après que Moscou a lancé une opération militaire en Ukraine sont conçues pour réduire les recettes pétrolières - pilier du budget russe.
Cependant, au lieu d'une forte baisse, les exportations de pétrole russe sont restées maintenues grâce au réseau de navires "obscurités" opérant en dehors des systèmes d'assurance et financiers occidentaux.
L'ambassade de Russie en Belgique n'a pas répondu à la demande de commentaires. Auparavant, Moscou avait accusé l'arrestation de navires russes ou de navires de marchandises russes d'acte de "piraterie".
Les experts mettent en garde contre le fait que les navires de la flotte des ténèbres sont souvent âgés, manquent d'entretien, utilisent une assurance peu claire et sont enregistrés dans des pays dont les normes de gestion sont laxistes. Cela soulève des inquiétudes quant au risque de déversement de pétrole, de fuites de carburant et d'incidents techniques qui pourraient causer de graves dommages à l'écosystème marin.
L'action énergique de la Belgique contre Ethera montre que l'Europe renforce la surveillance de la ligne de transport de pétrole en mer du Nord - une zone d'importance stratégique pour la sécurité énergétique et environnementale du bloc.