Selon les données publiées le 12 mars par ROMIR - le plus grand groupe de recherche indépendant de Russie et le seul représentant de l'Association internationale Gallup dans ce pays, le pourcentage de Russes considérant les États-Unis comme des "adversaires" a fortement diminué de près de moitié. Ce chiffre est passé de 65% en 2023 à seulement 35% en 2025.
Dans le même temps, le pourcentage de personnes considérant les États-Unis comme un "partenaire important" a grimpé en flèche, passant de 10% à 25%. Le groupe de personnes considérant Washington comme un "concurrent sain" a également enregistré un changement, se situant à 25% lors du dernier sondage.
Le docteur en sciences sociales russe Andrey Milekhin de l'Institut ROMIR estime que l'opinion publique s'adapte progressivement et a une vision plus multidimensionnelle des relations internationales. Au lieu de simplement considérer comme des "ennemis ou amis", les gens commencent à différencier les relations en fonction des avantages réels et des attentes en matière de stabilité mondiale à l'avenir.
Contrairement à la rotation positive pour les États-Unis, le point de vue du public russe sur l'Union européenne (UE) est resté presque inchangé. Environ 50% des personnes interrogées ont persisté à considérer le bloc comme un "adversaire de confrontation" tout au long de 2023 à 2025. Le taux de considération de l'UE comme un "partenaire important" est resté stable à un faible niveau de 10%, tandis que le groupe la considérant comme un "concurrent sain" est passé de 23% à 20%.
Il est à noter que le nombre de Russes qui pensent que les États-Unis et l'UE sont des "alliés" de leur pays reste extrêmement faible, à seulement environ 2% pendant 3 années consécutives. M. Milekhin estime que ces indicateurs témoignent de l'adaptation du public à un environnement géopolitique volatil, où la frontière entre les adversaires et les partenaires devient de plus en plus mince et dépend des intérêts spécifiques.
Il convient de noter que l'étude de ROMIR a été réalisée fin 2025, elle ne reflète donc pas la psychologie de l'opinion publique après les grands bouleversements au Moyen-Orient et en Amérique du Sud au début de 2026.
L'enquête est basée sur un échantillon représentatif de 1 000 adultes, fournissant un prisme réaliste sur la façon dont les Russes positionnent leur pays dans l'ordre mondial en mutation.