Le 10 février, s'exprimant au National Press Club à Washington (États-Unis), l'amiral français Pierre Vandier - commandant du Commandement de la transformation de l'OTAN - a fait des évaluations franches et quelque peu pessimistes sur l'écart de capacité d'adaptation entre les deux parties.
Selon l'amiral Vandier, la nature du conflit russo-ukrainien évolue à une vitesse "vertigineuse", en particulier dans le domaine des opérations de haute technologie. Il estime que ce qui se passe n'est plus de simples batailles conventionnelles, mais est passé à la phase d'une confrontation entre les drones (UAV) et les robots.
Nous assistons à la vitesse d'évolution terrible du conflit. La première et la plus importante leçon est de savoir si l'OTAN a la capacité d'organiser son appareil pour s'adapter à ce rythme", a soulevé l'amiral Vandier devant les médias et les experts militaires.
Il n'a pas hésité à souligner le point faible fatal de l'Occident aujourd'hui: la lenteur. Alors que l'OTAN est toujours aux prises avec les procédures et les plans à long terme, l'armée russe a continuellement changé de tactiques sur le terrain pour faire face aux armes modernes.
La Russie est vraiment très douée pour changer et s'adapter, bien mieux que nous en ce moment. Nous devons "mettre de l'huile sur toutes les roues" de la machine de l'OTAN immédiatement si nous voulons rattraper ce rythme", a souligné M. Vandier.
Il estime que l'OTAN a été "trop statique" et "trop prévisible" ces derniers temps. Ce manque de flexibilité a rapidement déjoué l'aide militaire occidentale à l'Ukraine.
La réalité du champ de bataille montre que de nombreux types d'armes guidées de précision américaines et européennes ont considérablement réduit leur efficacité en raison de la mise à jour continue des fréquences de brouillage des systèmes de guerre électronique (EW) russes.
Les observateurs estiment que la déclaration de l'amiral Vandier est une rare reconnaissance du fait que l'énorme appareil militaire de l'OTAN est à la traîne dans la course à la pensée opérationnelle. La Russie non seulement produit des armes plus rapidement, mais sait également comment intégrer la technologie civile et militaire pour créer des solutions bon marché mais très efficaces, ce que les procédures d'achat de défense rigides de l'Occident n'ont pas pu faire.
À la fin de son discours, M. Vandier a averti que si l'OTAN n'apprenait pas à changer de mentalité et à agir plus rapidement, cette alliance perdrait l'avantage technologique inhérent à son adversaire.