Steve Hanke - l'un des principaux économistes américains au monde - vient d'avertir que la Russie envoie un signal direct aux États-Unis et à l'Occident en suspendant temporairement la délivrance de licences d'exportation d'engrais nitrate d'ammonium - un engrais azoté important - du 21 mars au 21 avril.
Moscou explique cette décision comme étant destinée à donner la priorité à la demande de semis de printemps dans le pays, mais selon M. Hanke, le moment et l'étendue de cette action montrent clairement le message politique: l'Occident doit assouplir les sanctions, sinon l'approvisionnement mondial en engrais sera interrompu.
La Russie contrôle environ 40% de la part de marché du commerce mondial du nitrate d'ammonium, ce qui fait que la décision de suspendre immédiatement les exportations a un impact très important sur la chaîne d'approvisionnement agricole mondiale.
Cette décision intervient dans un contexte d'offre mondiale d'engrais déjà tendue. Le blocus par l'Iran du détroit d'Ormuz - une route de transport qui représente près de 24% du commerce mondial de l'ammonium - ainsi que les attaques de drones (UAV) contre des usines d'engrais à Smolensk et KuybyshevAzot ont entraîné une baisse significative de la production d'engrais russe, tandis que les prix des engrais sur le marché mondial ont augmenté de 27% en mars 2026, les engrais azotés ayant connu la plus forte augmentation.
M. Hanke a averti que, bien que les sanctions officielles n'interdisent pas l'exportation d'engrais, les obstacles réels du système bancaire SWIFT, les difficultés de paiement et la pénurie d'assurance de transport ont permis à la Russie d'utiliser les engrais comme arme économique indirecte, plaçant l'Occident sous pression pour qu'il ajuste sa politique s'il veut maintenir le flux mondial d'engrais.