Dans la soirée du 26 février (heure locale), la Federal Aviation Administration (FAA) américaine a annoncé l'interdiction de la plupart des avions opérant dans l'espace aérien près de Fort Hancock, au Texas, pour des raisons de "sécurité spéciale" conformément à l'avis envoyé aux pilotes (NOTAM).
L'ordre entre en vigueur à partir de 18h30 et devrait durer jusqu'au 24 juin. Cependant, les vols d'urgence tels que les secours aériens ou les opérations de recherche et de sauvetage peuvent être examinés pour une autorisation distincte.
L'incident a attiré l'attention lorsqu'un système laser à haute énergie exploité par le ministère américain de la Guerre aurait accidentellement abattu un drone (appareil aérien sans pilote) de l'Agence américaine des douanes et de la protection des frontières (CBP).
Le système laser à haute énergie est conçu pour faire face aux menaces des drones, mais il cible la mauvaise cible "de son camp". Le type de drone abattu et le moment exact de l'incident n'ont pas encore été rendus publics.
Ni le Pentagone ni la FAA n'ont fait de commentaires officiels sur l'incident. Cependant, les parlementaires démocrates qui supervisent l'aviation et la sécurité intérieure ont vivement critiqué, estimant qu'il s'agissait d'une manifestation d'un "manque de capacité et d'une coordination faible" entre les agences militaires et civiles.

Dans une déclaration commune, les députés Rick Larsen, Bennie Thompson et Andre Carson ont déclaré qu'ils étaient "choqués" par l'information selon laquelle le ministère de la Guerre aurait utilisé un système anti-drone à haut risque pour abattre l'équipement du CBP.
Le dernier incident s'est produit peu de temps après une controverse similaire dans la ville d'El Paso au début du mois. À cette époque, la FAA avait temporairement suspendu les opérations de l'aéroport en raison des inquiétudes liées aux tests du même système laser sur des objets qui avaient ensuite été identifiés comme des ballons de fête.
La restriction de l'époque a été levée dans quelques heures après que le Pentagone aurait accepté de reporter l'essai en attendant l'évaluation fédérale de la sécurité.
L'incident s'est produit dans un contexte où la sécurité le long de la frontière sud américaine est renforcée. Le gouvernement fédéral a étendu ses activités de surveillance et mis en œuvre des mesures anti-drones pour faire face à l'augmentation de l'activité des cartels de la drogue mexicains.
La violence s'est intensifiée au Mexique après que le baron de la drogue El Mencho (Oseguera Cervantes) a été tué lors d'une opération militaire conjointe américano-mexicaine dans l'État de Jalisco la semaine dernière.
Les affrontements se sont ensuite propagés à de nombreux États, suscitant des inquiétudes quant à la stabilité de la sécurité régionale, affectant même les préparatifs de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 qui se déroulera l'été prochain.
L'incident de "tirer sur notre armée" cette fois ne soulève donc pas seulement des questions sur la capacité de coordination entre les agences américaines, mais soulève également des inquiétudes quant au niveau de sécurité des activités d'essais d'armes de haute technologie dans la zone la plus sensible du pays.