L'avenir d'environ 40 navires liés au Japon bloqués dans le golfe Persique devient de plus en plus imprévisible, car la possibilité de quitter la région via le détroit d'Ormuz - la route de transport de pétrole la plus importante au monde - n'est toujours pas claire.
La situation s'est compliquée après que les négociations entre les États-Unis et l'Iran à Islamabad n'ont pas abouti. Immédiatement après, l'administration du président américain Donald Trump a mis en place un blocus maritime dans la région du détroit d'Ormuz à partir du 13 avril, afin d'accroître la pression sur Téhéran.
Cette décision a rapidement interrompu les opérations de transport maritime. Selon les données de surveillance maritime, certains navires ont été contraints de faire demi-tour en approche de la zone, tandis que le débit traversant le détroit - qui représente environ 20% du trafic mondial de pétrole et de gaz - a fortement diminué, selon le Japan Times.
Les tensions dans la région se sont intensifiées depuis fin février 2026, lorsque le conflit entre les États-Unis, Israël et l'Iran a éclaté, entraînant la restriction ou le contrôle strict par Téhéran de la circulation dans le détroit d'Ormuz. L'activité de transport sur cette route avait diminué de plus de 90%, bloquant des centaines de navires dans la région.
Dans ce contexte, les navires japonais concernés sont également fortement touchés. À un moment donné, environ 40 à 45 navires appartenant ou exploités par des entreprises japonaises ont été bloqués dans le golfe Persique, bien qu'un petit nombre de navires aient tenté de partir dans les rares périodes où la route a été assouplie au contrôle.
Avant que les États-Unis n'imposent un nouveau blocus, Washington et Téhéran avaient conclu un accord de cessez-le-feu de deux semaines à partir du 7 avril, suscitant l'espoir que l'activité maritime serait progressivement rétablie. Cependant, cet espoir s'est rapidement dissipé lorsque les tensions ont refait surface.
Les professionnels du transport maritime affirment que les risques de sécurité dans le détroit d'Ormuz restent très élevés. De nombreuses entreprises, dont les compagnies maritimes japonaises, attendent des instructions du gouvernement et des évaluations supplémentaires de la sécurité avant de décider de déplacer les navires.
Non seulement elle affecte le transport, mais la crise a également un impact important sur le marché mondial de l'énergie. Le prix du pétrole a dépassé la barre des 100 dollars le baril après que les États-Unis ont annoncé un blocus, reflétant des inquiétudes quant au risque d'interruption prolongée de l'approvisionnement.
Les experts mettent en garde que si le blocus se poursuit, la chaîne d'approvisionnement mondiale pourrait subir une pression supplémentaire, en particulier pour les économies dépendantes des importations d'énergie du Moyen-Orient telles que le Japon et de nombreux pays d'Asie.
Pendant ce temps, le risque de propagation du conflit est toujours présent. L'Iran a critiqué les actions américaines et a averti qu'il riposterait, suscitant des inquiétudes quant à un nouveau cycle d'escalade dans la région qui joue un rôle vital dans le commerce mondial de l'énergie.
Dans ce contexte, le sort des navires japonais concernés reste en suspens, en fonction de l'évolution géopolitique et de la possibilité de rouvrir la voie de transport stratégique à travers le détroit d'Ormuz.