Le 24 août, selon l'agence de presse TASS, citant Mme Irina Strelnikova, directrice du Centre d'études arctiques interdisciplinaires de l'École supérieure d'économie de Russie, une nouvelle alliance entre plusieurs pays pourrait se former autour du développement d'un corridor de transport transarctique.
S'adressant à TASS, Mme Strelnikova a estimé que cette possibilité était "totalement réelle". Selon l'expert russe, le corridor de transport transarctique devient progressivement un projet qui n'a pas seulement une signification économique mais aussi un élément géopolitique.
Mme Strelnikova a déclaré que les avantages économiques favorisent la coopération autour de ce corridor. Le développement de lignes de transport pourrait aider les pays à accéder aux ressources, à s'étendre à de nouveaux marchés et à renforcer les capacités logistiques.
La Chine, l'Inde et les Émirats arabes unis (EAU) sont considérés comme des pays susceptibles de rejoindre l'alliance. Le Belarus, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan s'intéressent également à l'expansion des chaînes de transport et à l'accès à de nouveaux marchés.
Cependant, selon Mme Strelnikova, pour former une alliance stable, les pays doivent d'abord avoir des intérêts économiques similaires. Le corridor de transport doit apporter des avantages spécifiques aux parties, notamment l'accès aux ressources, l'expansion des marchés et le développement du système logistique.
Le facteur politique joue également un rôle important. Les pays participants doivent avoir la volonté de coopérer et être prêts à résoudre les problèmes qui subsistent.
L'un des problèmes qui pourrait entraver est les différents points de vue sur le statut juridique de la Route maritime du Nord. Selon l'expert russe, les pays souhaitant adhérer à l'alliance doivent trouver un terrain d'entente sur cette question.
Par ailleurs, la concurrence géopolitique et la pression des sanctions américaines pourraient également affecter le processus de coopération.
Mme Strelnikova a également noté un autre scénario possible selon lequel les pays ne formeraient pas d'alliance commune mais choisiraient de coopérer séparément avec la Russie. Dans ce cas, la Russie pourrait développer des relations de coopération distinctes avec la Chine, l'Inde et les ÉAU au lieu que les trois pays participent à un mécanisme commun.
Selon elle, la formation d'une alliance stable dépend donc de la capacité des pays à trouver des points communs sur les intérêts économiques, tout en résolvant les différences politiques et juridiques.