Politico rapporte que le 15 mars, le Premier ministre Donald Tusk a averti que le retrait de la Pologne de l'Union européenne pourrait devenir une "véritable menace", dans un contexte de tensions politiques internes croissantes.
Dans un message publié sur le réseau social X, M. Tusk a déclaré que les forces de droite nationales prônaient des mesures qui pourraient pousser la Pologne hors de l'UE. Il a critiqué le président nationaliste Karol Nawrocki et les partis d'opposition de droite qui rapprochent le pays du scénario de "Polexit".
Selon M. Tusk, les deux camps de la coalition d'extrême droite Confédération (Liberté et indépendance) et la plupart des députés du parti Droit et Justice (PiS) soutiennent la sortie de la Pologne de l'UE. Le Premier ministre polonais a qualifié cela de "catastrophe" et a déclaré qu'il "fera tout son possible" pour empêcher ce scénario.
Le chef du gouvernement polonais estime également que le risque de "Polexit" est lié aux forces qui veulent affaiblir ou diviser l'UE. Selon lui, ces forces s'étendent de la Russie, du mouvement politique MAGA aux États-Unis, aux dirigeants d'extrême droite européens, dont le Premier ministre hongrois Viktor Orbán.
L'avertissement de M. Tusk a été lancé après que le président Karol Nawrocki a opposé son veto au projet de loi autorisant la Pologne à accéder à un prêt de défense préférentiel de 43,7 milliards d'euros de l'UE. Ce prêt est conçu pour aider les États membres à accroître leurs dépenses militaires dans un contexte d'environnement de sécurité en Europe de plus en plus tendu.
Étant donné que le gouvernement de M. Tusk ne dispose pas d'une majorité suffisante au parlement pour surmonter le pouvoir de veto du président, l'avenir du plan financier de défense est actuellement dans l'impasse. Ceci est particulièrement important car la Pologne prévoit d'augmenter ses dépenses militaires à près de 5% du PIB cette année - l'un des niveaux les plus élevés de l'OTAN.
Le Premier ministre polonais a averti que le veto à la loi susmentionnée pourrait affaiblir la position de Varsovie dans l'UE, tout en rendant difficiles les plans de défense à long terme du pays.
Les inquiétudes concernant le "Polexit" sont également reconnues par certains politiciens de droite. L'ancien ministre de l'Europe du parti PiS, Konrad Szymański, a récemment écrit dans le journal que le parti nationaliste polonais glissait progressivement sur le "chemin du Polexit". Il a comparé la situation actuelle au contexte politique au Royaume-Uni avant le référendum de 2016, qui a conduit à l'événement du Brexit.
Cependant, les sondages d'opinion montrent que la majorité des Polonais soutiennent toujours le maintien dans l'UE. Cependant, le taux de soutien à la sortie du bloc devient de plus en plus clair. Certains sondages montrent que 10 à 25% des électeurs polonais interrogés sont prêts à soutenir le lancement du processus de sortie de l'UE si l'occasion se présente.
L'essor de ce courant d'opinion amène de nombreux observateurs à penser que le débat sur le "Polexit" - autrefois considéré comme un scénario extrême - est désormais devenu un véritable sujet politique en Pologne.