Monsieur, comment évaluez-vous la situation générale des PME aujourd'hui, en particulier après les récentes fluctuations économiques?
- À la fin de 2025, l'ensemble du pays compte environ plus d'un million d'entreprises en activité, soit une augmentation de plus de 25% par rapport à 2020. Au premier trimestre 2026, l'ensemble du pays comptait plus de 57 400 entreprises nouvellement enregistrées avec un capital social total de près de 538,6 billions de dongs. Les PME restent une force majeure de l'économie. Le tableau d'ensemble des PME aujourd'hui peut être résumé par deux aspects: la reprise mais pas vraiment durable, nombreuse en nombre mais pas forte en qualité. Près de 98% des entreprises sont micro, petites et moyennes; la compétitivité, l'efficacité opérationnelle, les compétences en gestion sont encore limitées; la productivité du travail est toujours inférieure au secteur des IDE et aux entreprises publiques. Cela montre un fait que l'augmentation du nombre d'entreprises ne signifie pas que l'économie a formé une classe de PME suffisamment solide pour devenir des PME, des grandes entreprises ou participer profondément à la chaîne de valeur mondiale.

Le point le plus notable aujourd'hui est la très forte différenciation au sein du secteur des PME. Le point très positif est qu'une partie des entreprises s'est rapidement adaptée, a profité du commerce électronique, de la numérisation des ventes, d'une gestion rationalisée, participant activement aux nouveaux segments de marché, de sorte qu'elles continuent de bien croître. Mais une partie restante fonctionne toujours selon le modèle de "résistance à court terme": capital mince, réserves faibles, gestion basée sur l'expérience, dépendant de quelques clients ou de quelques marchés, donc lorsque l'environnement des affaires est en fluctuation, il rencontre immédiatement des difficultés. C'est le moment important de passer de la pensée "sauver les entreprises" à la pensée "moderniser les entreprises", c'est-à-dire non seulement aider les entreprises à survivre, mais aussi à les aider à grandir, à se normaliser et à être compétitives dans un environnement de plus en plus strict.
Selon vous, quels sont les plus grands obstacles qui freinent le développement du secteur des PME, rendant difficile la "croissance" de nombreuses entreprises?
- Le plus grand obstacle actuel ne réside pas dans un seul facteur, mais dans la synergie de trois principaux goulots d'étranglement: les institutions, les ressources et les capacités internes.
Tout d'abord, le goulot d'étranglement institutionnel et l'environnement de mise en œuvre. De nombreux forums politiques en 2025 ont enregistré des réflexions d'entreprises sur le chevauchement de documents, le manque de stabilité, la difficulté à prévoir, les procédures administratives complexes, la mise en œuvre incohérente, en particulier pour l'investissement, les terres, les projets utilisant des terres. La résolution 68-NQ/TW met également l'accent sur la nécessité de perfectionner la législation, d'éliminer les obstacles à l'entrée et au retrait du marché, de numériser et de rendre transparentes les procédures, car c'est un goulot d'étranglement très important qui augmente les coûts de conformité et érode la confiance des entreprises. Pour les PME, les coûts institutionnels sont parfois plus lourds que les coûts financiers, car les petites entreprises n'ont pas suffisamment d'appareil juridique, pas assez de temps et de ressources pour "supporter" les retards ou l'incertitude politique.
Deuxièmement, le goulot d'étranglement pour accéder au capital et aux ressources de développement. De nombreuses PME ne manquent pas de volonté commerciale, mais manquent de flux de capitaux appropriés pour investir dans des machines, des technologies et étendre leurs marchés.
Troisièmement, et c'est aussi le goulot d'étranglement fondamental, la capacité interne de l'entreprise elle-même. De nombreuses PME gèrent encore selon le modèle familial, gèrent selon l'expérience, manquent de stratégie à moyen terme, manquent de transparence financière, manquent de ressources humaines technologiques, manquent de capacité à construire une marque et à normaliser les processus.
Les PME ont du mal à "grandir" non seulement en raison du manque de capital, mais aussi parce qu'elles sont piégées dans un cercle vicieux: les institutions augmentent les coûts, le manque de capital réduit la capacité d'investissement, et une faible force interne empêche les entreprises de dépasser le seuil de croissance. Pour lever les obstacles, il faut traiter simultanément ces trois niveaux, il ne faut pas seulement compter sur un seul plan de crédit ou une seule politique de soutien.
Alors, quelles sont les solutions clés pour que les PME puissent "grandir" et se développer durablement, monsieur?
- Pour que les PME se développent, il est nécessaire de passer fortement d'un soutien équilibré à un soutien basé sur la capacité de croissance, c'est-à-dire de se concentrer sur la création de conditions permettant aux entreprises potentielles d'étendre leur échelle, d'innover en matière de technologie et de participer à la chaîne de valeur.

Premièrement, il faut réformer les institutions de manière plus substantielle, en considérant cela comme un "levier de tous les leviers". Pour que les PME grandissent, il faut d'abord les aider à éviter d'être érodées par les coûts informels, les procédures prolongées et la peur des erreurs dans la mise en œuvre.
Deuxièmement, il est nécessaire de rouvrir la porte au capital d'une manière adaptée aux PME, et non d'utiliser la pensée de crédit des grandes entreprises pour l'appliquer aux petites entreprises. Il est nécessaire de développer fortement les modèles de prêt basés sur les flux de trésorerie, les factures, les commandes, les données fiscales et les données numériques; de promouvoir les fonds de garantie de crédit, les fonds de développement des PME, la finance de la chaîne d'approvisionnement, l'assurance-remboursement, le crédit vert et les solutions fintech.
Troisièmement, les PME doivent être soutenues pour améliorer la gouvernance et la compétitivité fondamentales. Une entreprise qui veut grandir durablement doit passer par trois normes: la norme financière, la norme de gouvernance et la norme de marché. La résolution 68 a clairement défini l'exigence de soutenir les entreprises dans l'investissement dans les machines, l'innovation technologique, la transformation numérique, la transition verte et le développement durable; cela doit être concrétisé en programmes de formation, de conseil et d'accompagnement par secteur et par chaîne.
Quatrièmement, il est nécessaire de créer un mécanisme permettant aux PME de s'associer et d'escalader dans la chaîne de valeur, au lieu de se développer individuellement. Le problème des PME vietnamiennes n'est pas seulement "plus d'entreprises", mais "plus d'entreprises qualifiées pour être des vendeurs de niveau 1, de niveau 2 pour les grandes entreprises, pour les IDE, pour les projets publics et pour le marché international". Cet esprit a également été mis en place dans les orientations du gouvernement: les grandes entreprises doivent diriger, les PME doivent avoir l'état d'esprit de se développer en entreprises moyennes et grandes. En d'autres termes, pour que les PME grandissent, il faut créer un écosystème de mise à niveau des entreprises, dans lequel l'État crée, les associations se connectent, les banques fournissent des capitaux, les écoles fournissent des connaissances, et les entreprises innovent activement.
Merci monsieur!