Pour atteindre cet objectif, la ville exige que 100% des établissements d'enseignement construisent des écoles sûres; que 100% des cadres, des enseignants et du personnel soient formés aux compétences en matière d'identification, de prévention et de traitement de la violence et des abus envers les enfants; que 100% des élèves soient équipés de compétences en matière de prévention et de lutte contre la violence et les abus, y compris dans le cyberespace, ainsi que de compétences en matière de prévention et de lutte contre la noyade.
Fixer des objectifs élevés est nécessaire. Car pour les enfants, un cas de violence, un cas d'agression ou un accident de noyade est déjà trop nombreux.
Mais plus on fixe des objectifs élevés, plus il faut se méfier d'un autre risque, à savoir la transformation de chiffres "inexistants", "100%" en objectifs de performance.
En effet, si les résultats de l'émulation d'une école sont trop étroitement liés au nombre de cas de violence et d'agression enregistrés, il est très facile de développer une psychologie de réticence à signaler. À ce moment-là, une bagarre peut être appelée légèrement "conflit entre élèves". Un cas d'élève victime d'intimidation prolongée peut être traité en interne. Un signalement d'agression peut être tardé à être vérifié parce que les adultes ont peur d'affecter la réputation de l'école...
Une bonne école n'est pas un endroit où les problèmes n'arrivent jamais. L'important est que lorsque des problèmes surviennent, les élèves osent-ils prendre la parole ou non; les enseignants reconnaissent-ils les signes anormaux ou non; l'école reçoit-elle les commentaires de manière responsable ou non et l'affaire est-elle traitée de manière approfondie ou non.
Même, dans certains cas, l'augmentation du nombre d'incidents découverts n'est pas nécessairement un mauvais signal. Cela pourrait être le résultat du fait que les élèves ont plus confiance dans les enseignants, que les parents sont plus proactifs dans leurs réflexions et que l'école dispose d'un meilleur mécanisme de réception de l'information.
Il en va de même pour les élèves qui risquent d'abandonner l'école. L'objectif de ne laisser aucun élève abandonner l'école en raison de difficultés économiques n'a de sens que si chaque cas est suivi de près. Certains manquent de frais de scolarité, d'autres n'ont pas les moyens de se rendre à l'école, certains doivent aller travailler pour aider leur famille, d'autres sont ennuyés par la pression psychologique. Si l'on ne regarde que le nombre d'élèves abandonnant l'école à la fin de l'année, il est peut-être trop tard.
La prévention de la noyade ne peut pas non plus s'arrêter à l'organisation de quelques cours de natation. Les étangs, les lacs, les canaux, les ouvrages inachevés, les fosses profondes sur les routes que les élèves traversent fréquemment doivent être examinés et traités avant qu'un accident ne se produise.
L'objectif ultime d'un programme scolaire sûr n'est pas de créer de beaux résumés. Ce vers quoi il faut tendre, c'est un environnement où chaque élève sait à qui il peut se tourner lorsqu'il est en danger; chaque enseignant comprend ce qu'il doit faire lorsqu'il détecte des signes anormaux et chaque incident est examiné directement, traité correctement au lieu d'éviter.