La décision de destitution a été adoptée avec un taux écrasant de 75 voix pour, mettant fin au court mandat du président péruvien José Jerí. Cet événement continue de plonger le pays dans une crise politique chronique, car il s'agit déjà du 8e changement de direction en moins d'une décennie.
La cause directe de l'effondrement violent du siège présidentiel est le scandale appelé "Chifa-gate". Le point central de l'incident sont les images extraites des caméras de sécurité montrant le chef d'État ayant des allées et venues obscures dans des lieux non officiels.
Le 26 décembre, M. Jerí a été aperçu dans un restaurant de la capitale Lima, vêtu d'un chapeau et d'une veste hermétiques pour dissimuler son identité. Ensuite, le 6 janvier, il a de nouveau porté des lunettes de soleil dans un autre magasin privé.
La personne qu'il a rencontrée lors de ces rendez-vous secrets était Yang Zhihua - un homme d'affaires chinois ayant de nombreux avantages économiques au Pérou. Il est à noter que les deux rencontres n'ont pas été enregistrées dans le calendrier de travail public du président.
Face à des preuves irréfutables, M. Jerí a dû baisser la tête pour s'excuser: "J'admets mon erreur et je m'excuse publiquement d'être apparu dans une telle tenue couverte. Cela a suscité des soupçons et des spéculations inutiles sur mon comportement".
Bien qu'il ait affirmé qu'aucune transaction sombre ou corruption n'avait eu lieu, cette explication n'a pas suffi à convaincre le parlement et l'opinion publique en colère.
Le contexte de l'affaire devient de plus en plus sensible alors que le Pérou subit une forte pression internationale. Les États-Unis ont récemment mis en garde à plusieurs reprises contre les risques de sécurité au port en eau profonde de Chancay, où il y a une forte présence d'investissements étrangers que le gouvernement de Lima relâche sa gestion.
Actuellement, le siège présidentiel péruvien est vacant. Les factions politiques devront se battre contre le temps pour élire un remplaçant temporaire le 18 février, afin de diriger le pays vers les élections générales prévues le 12 avril prochain.