Le 19 avril (heure locale), le Premier ministre slovaque Robert Fico a déclaré qu'il soutenait toujours le projet d'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne (UE), mais a souligné que Kiev n'était pas encore prêt à devenir membre du bloc.
S'exprimant dans une vidéo publiée sur Facebook, M. Fico a déclaré que l'Ukraine était "totalement pas prête" à adhérer à l'UE à l'heure actuelle.
Selon le Premier ministre slovaque, l'Ukraine doit remplir pleinement les critères d'un pays candidat avant de pouvoir aller plus loin dans le processus de négociation.
M. Fico n'a pas précisé les conditions qui manquent encore à l'Ukraine. Cependant, selon la réglementation de l'UE, les pays candidats doivent répondre à une série de critères liés à l'état de droit, à la réforme judiciaire, à la lutte contre la corruption, à la stabilité politique, à la capacité économique et à la capacité d'application de la loi commune du bloc.
L'Ukraine a officiellement reçu le statut de candidate de l'UE en 2022, quelques mois seulement après le déclenchement du conflit avec la Russie. Fin 2023, les États membres de l'UE ont accepté d'ouvrir des négociations d'adhésion avec Kiev.
Cependant, ce processus devrait durer de nombreuses années car l'Ukraine est toujours confrontée à une série de difficultés économiques, d'infrastructures, de gouvernance de l'État et surtout à la situation de guerre qui n'est pas terminée.
Certains États membres de l'UE craignent également que l'adhésion trop rapide de l'Ukraine ne crée une forte pression sur le budget commun du bloc, notamment dans les domaines de l'agriculture et de l'aide au développement.
Outre la question de l'adhésion à l'UE, M. Fico a continué d'appeler à un cessez-le-feu rapide en Ukraine.
Selon lui, un accord de paix doit être construit sur des conditions que l'Ukraine peut accepter.
Au cours de la période écoulée, le Premier ministre slovaque a exprimé à plusieurs reprises une position prudente sur le conflit. Il s'était opposé à l'aide militaire à Kiev et a estimé que les parties devaient donner la priorité à une solution de négociation plutôt que de continuer à prolonger les combats.
Après son retour au pouvoir en 2023, M. Fico a également déclaré que la Slovaquie n'enverrait pas d'armes supplémentaires à l'Ukraine provenant des réserves militaires du pays.
Malgré cela, Bratislava maintient son aide humanitaire et ses activités commerciales avec Kiev.
La dernière déclaration de M. Fico montre que la Slovaquie soutient toujours l'objectif à long terme de l'Ukraine d'adhérer à l'UE, mais souhaite que ce processus se déroule avec prudence et sur la base du respect des normes du bloc.