Le président français Emmanuel Macron a annoncé le 6 mai (heure locale) que le groupe aéronaval français se déplaçait vers le sud du canal du Suez et se dirigeait vers la mer Rouge pour préparer une mission potentielle de la France et du Royaume-Uni dans le détroit d'Ormuz. Cette décision rapproche le navire de guerre le plus puissant d'Europe du détroit d'Ormuz.
Cet effort de défense est séparé de l'opération américaine "Projet de liberté" lancée le 4 mai mais qui a été temporairement suspendue par le président Donald Trump dans la soirée du 5 mai.
Le redéploiement du porte-avions à propulsion nucléaire Charles de Gaulle et des navires d'escorte s'inscrit dans le cadre d'une mission menée par la France et la Grande-Bretagne, visant à rétablir la sécurité maritime dans le détroit d'Ormuz dès que les conditions le permettent.
M. Macron a écrit sur le réseau social X que cette mission "pourrait aider à restaurer la confiance des propriétaires de navires et des compagnies d'assurance", tout en soulignant que cette campagne "ne se range pas du côté des belligérants".
Après une conversation téléphonique avec le président iranien Masoud Pezeshkian le 6 mai, le président Macron a déclaré qu'il discuterait également de cette question avec le président Trump.
Le colonel Guillaume Vernet - porte-parole du chef d'état-major général de l'armée française - a déclaré que l'alliance d'Ormuz (construite par la France, le Royaume-Uni et plus de 50 pays) ne commencera pas à fonctionner tant qu'elle ne répondra pas à deux conditions: la menace pour les opérations maritimes doit diminuer et l'industrie du transport maritime doit être suffisamment rassurée pour revenir se déplacer à travers ce détroit.
M. Vernet n'a pas précisé quand le porte-avions Charles de Gaulle arrivera dans la zone de déploiement. Il a révélé que le navire était positionné suffisamment près pour pouvoir agir si les conditions nécessaires étaient réunies.
Le porte-avions Charles de Gaulle avait déjà été déployé de la mer Baltique vers l'est de la Méditerranée peu de temps après le début du conflit. La présidence française a décrit cela comme une mobilisation de forces "sans précédent", comprenant 8 petits destroyers et 2 navires d'assaut amphibie de classe Mistral.
Pendant ce temps, les chasseurs Rafale français stationnés sur la base aérienne d'Al Dhafra aux Émirats arabes unis (EAU) ont intercepté des drones et des missiles iraniens dans l'espace aérien de ce pays du Golfe depuis le début du conflit. Cette opération est menée conformément au traité de défense de longue date entre Paris et Abu Dhabi, où environ 900 soldats français sont actuellement stationnés sur la rive sud du Golfe.
L'annonce française a été faite au moment où un porte-conteneurs français a été attaqué dans le détroit d'Ormuz, blessant de nombreux marins.
Le groupe maritime français CMA CGM a confirmé que le navire San Antonio de la compagnie était devenu la cible d'une attaque alors qu'il traversait le détroit d'Ormuz, blessant plusieurs membres d'équipage et endommageant le navire.
Selon le CMA CGM, les marins blessés ont été évacués et reçoivent des soins médicaux. Le navire a éteint le signal de positionnement avant d'entrer dans le détroit d'Ormuz, de sorte que l'emplacement exact de l'attaque n'a pas été clairement déterminé.
Le porte-parole du gouvernement français, Maud Bregeon, a souligné: "Les attaques contre les navires du CMA CGM montrent que la situation reste très dangereuse. Le navire ne porte pas le drapeau français. Par conséquent, à l'heure actuelle, la France n'est pas la cible".
Elle a souligné: "L'Iran et les États-Unis doivent tous deux comprendre que le rétablissement de la liberté de navigation maritime est un intérêt commun".