Dans le contexte du blocus du détroit d'Ormuz, qui fait grimper les prix du pétrole à 108 dollars le baril, l'administration américaine envisage une mesure calculée. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé un plan visant à autoriser prochainement la circulation de 140 millions de barils de pétrole iranien actuellement bloqués sur des pétroliers en raison de sanctions.
M. Bessent a expliqué qu'il s'agissait d'un effort visant à reconstituer l'offre immédiate pour le marché dans les 10 à 14 prochains jours. Les experts économiques ont découvert qu'il s'agissait en fait d'un coup de bâton, utilisant les ressources de l'adversaire pour éliminer l'avantage de la manipulation des prix que l'Iran détient dans le Golfe.
Pour compenser le déficit de 10 à 14 millions de barils par jour dû à la stagnation du trafic maritime, les États-Unis affirment qu'ils se concentreront sur l'approvisionnement en pétrole brut au lieu d'intervenir sur les marchés des produits dérivés financiers.
Outre la levée des contrats pour le pétrole iranien, les États-Unis prévoient également de mettre en œuvre des relances de réserves stratégiques (SPR) unilatérales, plus fortes que la coordination que le G7 et ses alliés avaient convenue auparavant. La découverte de failles dans la chaîne d'approvisionnement et l'exploitation des sources de pétrole "gelées" en mer sont considérées comme la solution la plus réalisable pour stabiliser le moral des investisseurs à court terme.

Cependant, ce plan s'est également heurté à des opinions divergentes de la part des observateurs géopolitiques. Certains experts craignent que l'autorisation de la circulation de ce pétrole n'aide indirectement l'Iran à percevoir des ressources financières importantes, ce qui lui donnera un budget supplémentaire pour maintenir les opérations militaires et soutenir les forces mandataires.
Bien que les alliés occidentaux s'efforcent de réguler le marché, il subsiste des doutes quant à savoir si cet "analgésique" est suffisamment puissant pour rassurer le marché à long terme alors que le conflit ne montre aucun signe de désescalade. La détection du conflit entre l'objectif de maximiser la pression et le besoin de stabilité économique devient un problème épineux pour la Maison Blanche.
La flexibilité de la politique américaine montre que la priorité absolue en ce moment est de protéger l'économie nationale et de réduire la pression sur les pays partenaires. En repoussant le pétrole initialement orienté vers la Chine vers le marché mondial, les États-Unis espèrent affaiblir le contrôle de l'Iran sur l'artère énergétique mondiale.
Le résultat de cette stratégie affecte non seulement les prix de l'essence et du pétrole dans les stations de pompage, mais est également une mesure de la capacité de coordination des États-Unis et de leurs alliés dans la bataille cérébrale au Moyen-Orient.