Le Royaume-Uni et l'Allemagne discutent d'une serie d'options pour convaincre les Etats-Unis d'abandonner leurs ambitions envers le Groenland, selon des sources citees par Bloomberg et The Telegraph.
Pendant de nombreuses annees, M. Trump a considere le Groenland comme un maillon strategique de l'Arctique, ou les Etats-Unis doivent accroître leur presence pour contrer la Russie et la Chine. De son point de vue, la position geographique de l'île - situee entre l'Amerique du Nord et l'Europe - fait du Groenland un "bien de securite" incontournable pour Washington.
Cependant, cette approche a mis M. Trump en confrontation avec certains allies europeens de l'OTAN. Le Danemark - un pays souverain du Groenland - reçoit un soutien clair de nombreux pays europeens, dont le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France, qui craignent que la pression unilaterale des Etats-Unis n'erode la base de l'alliance.
Selon Bloomberg, Berlin est en train de promouvoir une proposition de mission commune de l'OTAN dans l'Arctique, provisoirement appelee "Arctic Sentry". L'idee principale est de renforcer la presence collective de l'OTAN au Groenland et dans les regions voisines, affaiblissant ainsi l'argument de M. Trump selon lequel seuls les Etats-Unis sont capables d'assurer la securite de l'île.
Le ministre allemand des Affaires etrangeres Johann Wadephul devrait discuter directement de la question avec le secretaire d'Etat americain Marco Rubio cette semaine. S'adressant a la presse le 11 janvier, M. Wadephul a souligne son souhait de discuter de la maniere dont l'OTAN pourrait "partager au mieux ses responsabilites" dans la region arctique.

Pendant ce temps, The Telegraph rapporte que des responsables britanniques ont rencontre des representants allemands et français ces derniers jours pour elaborer des scenarios pour une mission de l'OTAN au Groenland. Ces propositions ont ete discutees lors d'une reunion de l'OTAN la semaine derniere.
Les options proposees par Londres sont assez diverses: de l'organisation d'exercices militaires conjoints, du renforcement du partage des renseignements, de l'allocation de depenses de defense ciblees, a la possibilite de deployer des forces de l'OTAN a grande echelle au Groenland. Cependant, les sources soulignent que tous les plans sont encore dans une phase tres precoce.
Les tensions se sont intensifiees apres que M. Trump a declare le 10 janvier que les Etats-Unis gagneraient le Groenland "qu'ils l'aiment ou non", tout en avertissant Washington qu'il etait pret a le faire "de maniere dure" si necessaire.
Bien que certains medias aient declare que les Etats-Unis envisageaient de racheter l'île et de proposer des incitations financieres aux citoyens du Groenland, la Maison Blanche n'a jamais exclu la possibilite d'utiliser la force.
Il est a noter que le Daily Mail rapporte que M. Trump a ordonne aux hauts commandants militaires d'elaborer un plan pour un scenario d'invasion du Groenland. Cette information, bien qu'elle n'ait pas ete officiellement confirmee, a suscite une vague d'inquietudes profondes parmi les responsables europeens.
De nombreux responsables europeens, dont la Premiere ministre danoise Mette Frederiksen, ont averti que toute action militaire contre le territoire d'un pays membre de l'OTAN affaiblirait l'unite de cette union.
Selon le Premier ministre danois, une telle attaque ne brise pas seulement le principe de la defense collective, mais souleve egalement de grandes questions sur l'avenir de l'OTAN dans un contexte de concurrence strategique mondiale de plus en plus feroce.