La compagnie aérienne nationale canadienne, l'une des principales opératrices de lignes aériennes vers Cuba, a déclaré qu'elle commencerait à planifier le rapatriement de 3 000 passagers présents sur place.
Les plages de Cuba sont à l'origine une destination attrayante pour les touristes canadiens en hiver et constituent l'une des principales sources de revenus en devises étrangères du gouvernement de ce pays.
Non seulement Air Canada, mais une série de compagnies aériennes internationales de Russie, de Chine, de Turquie, de France et d'Espagne sont également gravement touchées. La crise du carburant a éclaté rapidement en raison de la politique de resserrement de Washington visant à contraindre le gouvernement cubain à s'asseoir à la table des négociations, dans un contexte où de hauts responsables de l'administration du président Donald Trump exercent une pression accrue sur La Havane.
Auparavant, les États-Unis avaient menacé d'imposer des droits de douane punitifs à tout pays transportant du pétrole vers Cuba, au motif que le gouvernement de cet État insulaire constituait une menace pour la sécurité nationale.
En réponse à cette décision, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a vivement critiqué le 9 février la politique américaine comme étant "très injuste". Elle a déclaré que le Mexique mettait en œuvre "toutes les mesures diplomatiques nécessaires" pour pouvoir envoyer du pétrole sur l'île, après avoir transféré 800 tonnes d'aide humanitaire le 8 février dernier.
L'ampleur réelle de la crise s'est révélée lorsque les compagnies aériennes ont reçu l'avis d'aviation (NOTAM) de Cuba avertissant que l'approvisionnement en carburant serait limité au moins jusqu'au 11 mars. Cette annonce a été une grande surprise car seulement 2 jours auparavant, le gouvernement cubain avait rassuré la population en lui disant que les vols internationaux seraient maintenus normalement.
L'impact de l'embargo sur le pétrole frappe directement le secteur économique clé de Cuba. Les revenus du tourisme, qui atteignaient autrefois plus de 3 milliards de dollars par an, devraient maintenant chuter en dessous d'un milliard de dollars. Pour faire face à la pénurie d'énergie, les autorités locales sont obligées de concentrer les touristes dans un petit nombre d'hôtels pour économiser de l'électricité.
Alors qu'Air Canada choisit d'annuler ses vols, d'autres compagnies aériennes recherchent des solutions provisoires. Air Europa (Espagne) annonce qu'elle va faire le plein de carburant en République dominicaine, tandis qu'Air Transat (Canada) prévoit des arrêts techniques pour maintenir ses opérations.
Dans les villes de Cuba, les stations-service sont massivement fermées et les gens doivent utiliser des applications en ligne pour faire la queue pour acheter de l'essence et du pétrole dans un contexte de grave pénurie.