Un ami travaillant dans les médias avait l'habitude d'expliquer tout. Il explique pourquoi il est arrivé en retard, pourquoi l'e-mail a été envoyé à 2 heures du matin, pourquoi le statut sur les réseaux sociaux sonne un peu... philosophique. Une fois, il est arrivé en retard à la réunion, s'est immédiatement tenu devant toute la salle pour présenter les embouteillages, la pluie et, plus profondément, les infrastructures de transport urbain. Le patron n'a dit qu'une phrase concise: "La prochaine fois, allez plus tôt", ce qui a fait disparaître tous les efforts d'explication soudainement comme des bulles de savon.
Ce jour-là, il a tiré une conclusion douloureuse, les gens ne se soucient pas toujours de votre histoire, mais seulement du résultat. En fait, l'explication commence souvent par un besoin très humain d'être compris. Tout le monde veut que les autres sachent qu'ils ne sont pas insensibles, pas paresseux, pas aussi mauvais qu'ils le pensent. Mais ironiquement, plus on essaie de le prouver, moins c'est efficace.
Imaginez que vous racontez à quelqu'un que vous étiez très occupé, très stressé, très essayé. Dans votre esprit, cette histoire est pleine de sens. Mais dans l'esprit de l'auditeur, ce n'est qu'un flux d'informations entre les rendez-vous, les factures d'électricité et d'eau et les messages du groupe familial.
Ce n'est pas qu'ils soient mauvais. C'est juste qu'ils sont occupés à être les personnages principaux de leur vie.
Une collègue a vécu une chose très familière. Elle a terminé un projet difficile, a veillé plusieurs nuits de suite. Lors de la soumission des résultats, elle a expliqué attentivement tout le processus: données difficiles, clients changeant constamment de demandes, groupe manquant de personnel...
Le client a écouté, a hoché la tête puis a demandé: "Où est le fichier final, madame ?".
Ce qui rend les gens le plus facilement déçus, ce n'est pas d'être mal compris, mais d'espérer être trop compris. Lorsque nous expliquons, nous espérons souvent secrètement que les autres accrochez la tête, sympathisent, voire nous félicitent d'avoir surmonté les difficultés.
Mais plus on grandit, moins on s'explique. Ce n'est pas parce qu'ils sont secrets ou arrogants. Seulement parce qu'ils comprennent que cette énergie devrait être consacrée à vivre plus clairement.
Une personne qui arrive à l'heure n'a pas besoin d'expliquer la circulation. Une personne qui travaille honnêtement n'a pas besoin d'écrire un essai sur l'éthique professionnelle. Une personne qui vit honnêtement a rarement besoin de prouver qu'elle est... honnête.
À un moment donné, vous découvrirez quelque chose de assez léger: tout le monde n'a pas besoin de vous comprendre. Et toutes les histoires n'ont pas besoin d'un public.
C'est comme s'asseoir seul l'après-midi pour boire du café. Vous n'avez pas besoin d'expliquer à qui que ce café soit bon. Il suffit de boire et de savoir que vous en profitez. C'est suffisant.