La maison d'édition Phụ nữ Việt Nam vient de présenter aux lecteurs le livre "Les masculinités" du sociologue Raewyn Connell - l'une des œuvres classiques ayant une influence profonde dans le domaine de la recherche sur le genre contemporain.
La publication de cette œuvre au Vietnam marque non seulement la présence d'un ouvrage académique important, mais ouvre également des échanges plus larges sur la compréhension de la masculinité dans la société moderne: comment la masculinité est formée, comment elle fonctionne et dans quelles directions elle peut évoluer dans un contexte d'ordre sexuel en pleine mutation.
Dans la vie quotidienne, la "masculence" est souvent considérée comme une caractéristique naturelle liée à la biologie des hommes. Cependant, les études sociologiques modernes suggèrent que la masculinité n'est pas une nature fixe.
Dans cette approche, la masculinité se forme par des pratiques sociales spécifiques telles que le travail, l'éducation, l'armée, le sport, le sexe ou même des formes de soins et de discipline corporelle. En d'autres termes, la masculinité n'existe pas intrinsèquement mais est créée et reproduite dans les institutions sociales et dans les relations de pouvoir quotidiennes.

Sur cette base, Raewyn Connell a adopté une approche novatrice en considérant la masculinité comme un système de pratiques sociales diversifiées et relationnelles, plutôt que comme une propriété unique de l'homme.
L'un des concepts les plus influents avancés par Connell est la « masculinité hégémonique » (hegemonic masculinity). Il s'agit d'un type de masculinité normalisé et honoré par la société, contribuant ainsi à maintenir l'ordre de genre et la domination des hommes en général.
Bien qu'il ne soit pas nécessairement le type de masculinité le plus courant, il possède une force symbolique et un pouvoir, créant des normes sociales pour "être un homme". Dans le même temps, ce concept montre également que dans le monde même des hommes, il existe des stratifications: certains types de masculinité sont considérés comme des normes, tandis que d'autres sont considérés comme déviants ou marginalisés.
Structurellement, le livre est divisé en trois parties principales. La première partie jette les bases théoriques de l'étude de la masculinité, tout en critiquant les approches simplifiées basées uniquement sur les facteurs biologiques.
La deuxième partie se concentre sur des études de cas spécifiques, montrant que le processus de "devenir un homme" se déroule dans différents contextes tels que la famille, l'école ou le lieu de travail.
La dernière partie étend l'analyse au niveau historique et politique, indiquant que les formes masculines modernes sont étroitement liées aux conditions socio-économiques et à l'ordre sexuel mondial.
Le livre contribue à ouvrir de nouvelles perspectives sur la masculinité et à promouvoir le dialogue pour une société plus égalitaire.