Dans le contexte où la ville met en œuvre une nouvelle planification à orientation multipolaire, Mme Đỗ Thị Thu Hằng, directrice principale du département de recherche et de conseil de Savills Hanoï, a partagé ses observations sur le rôle des infrastructures de transport, le potentiel du modèle de développement urbain lié aux transports publics (TOD), ainsi que sur les changements qui pourraient se produire dans la tendance du choix de logement des citoyens dans les temps à venir.
Madame, comment évaluez-vous le rôle du réseau de 5 lignes de métro qui vient d'être lancé dans la restructuration de l'espace urbain à Hanoï?
Le développement simultané de 5 lignes de métro est un élément essentiel pour façonner la structure urbaine multipolaire. Hanoï passera d'un modèle de développement axé sur le centre-ville historique à un modèle multicentrique. Cela favorisera la formation de nouveaux pôles de développement tels que Dong Anh, Hoa Lac, Gia Lam, tout en élargissant l'espace de développement vers le sud à long terme.
En outre, ce réseau crée des conditions optimales pour développer le modèle TOD autour des gares. Les zones autour des gares de métro deviennent des points de développement à forte densité, intégrant le logement, le commerce, les bureaux et les services, optimisant l'utilisation des terres urbaines.
Plus important encore, le métro contribue à la décongestion mécanique, à l'expansion de l'espace urbain le long des corridors de transport stratégiques et à la réaffectation des activités économiques déjà surchargées dans les zones centrales telles que Hoan Kiem ou Ba Dinh.... Le métro contribue à réduire la dépendance aux voitures particulières, à limiter les embouteillages et la pollution, tout en contribuant à la construction d'une ville moderne et durable.
Lorsque les lignes de métro seront mises en service de manière synchrone, comment les tendances de choix de logement des habitants vont-elles changer?
Lorsque la connectivité s'améliore, les acheteurs peuvent être prêts à choisir des zones plus éloignées du centre-ville, en particulier les grandes villes périphériques bien planifiées et dotées de systèmes d'équipements synchrones. Au lieu de privilégier la distance géographique, les gens s'intéressent de plus en plus à l'accès aux lieux de travail, aux écoles, aux services et aux équipements quotidiens via le réseau de transport public.
À long terme, les projets situés à proximité des stations de métro ou développés selon le modèle TOD devraient susciter un plus grand intérêt grâce à leur connectivité pratique. Cette tendance pourrait favoriser le déplacement de la population vers les zones non urbaines, où les gens ont la possibilité d'accéder à des espaces de vie plus spacieux, à une meilleure qualité de vie et à un écosystème de commodités plus complet, tout en maintenant la connectivité avec le centre-ville.

Pour que le modèle TOD se développe efficacement et atteigne les attentes, quelles sont les conditions préalables à prendre en compte?
Tout d'abord, le TOD doit être construit sur la base d'un système de transport public de gros volumes tel que le métro, le métro ou le BRT, avec une connectivité pratique entre les zones de la ville.
En outre, la zone autour des gares doit être planifiée dans le sens d'un développement à forte densité et multifonctionnel, intégrant les logements, les bureaux, le commerce, les services et les équipements publics dans un même espace.
Un facteur tout aussi important est l'accessibilité. Le système de trottoirs, de pistes cyclables, de points de transfert et d'espaces publics doit être investi de manière synchrone, afin d'aider les gens à accéder facilement à la gare par des moyens de transport durables. Enfin, il est nécessaire d'avoir un mécanisme de planification, de gestion et de coordination entre les agences concernées pour assurer un déploiement TOD efficace et cohérent.
Comment évaluez-vous l'impact de Metro sur le marché immobilier, en particulier sur l'offre et le prix à l'avenir?
En termes d'offre, le marché immobilier deviendra plus diversifié. Les grandes villes de Đông Anh, Gia Lâm, les zones sud et ouest de Hanoï voisines ou le long des lignes de métro... fourniront une quantité de produits de logement dans de nombreux segments, en particulier les types d'appartements de catégorie B, de catégorie C, de logements abordables aux logements sociaux et à louer.
Il est prévu que dans les années à venir, lorsque le métro entrera en service, l'offre de logements à moins de 50 millions de VND/m2 sera plus abondante. C'est un signal positif pour les personnes ayant un réel besoin de logement, les aidant à avoir plus de choix à des prix plus raisonnables qu'actuellement.