C'est l'avis de M. Mạc Quốc Anh - vice-président et secrétaire général de l'Association des petites et moyennes entreprises de la ville de Hanoï (Hanoisme) - lors d'un entretien avec le journal Lao Động sur l'entrée des entreprises dans la tendance à l'écologisation.
Monsieur, comment évaluez-vous le niveau de "participation" à la transition verte des petites et moyennes entreprises aujourd'hui?
- Je pense que le niveau de "participation" à la transition verte des petites et moyennes entreprises a maintenant connu un changement clair, mais il n'est pas uniforme, pas assez profond et n'est pas devenu une capacité de gestion courante dans l'ensemble du secteur des entreprises.
De nombreuses entreprises ont commencé à s'intéresser à l'économie d'énergie, à l'utilisation de matières premières respectueuses de l'environnement, au traitement des eaux usées, à la réduction de l'emballage plastique, à la numérisation des processus de production, à l'application des normes ESG, à la traçabilité de l'origine et à la gestion des émissions. Certaines entreprises dans les domaines du textile, de la chaussure, des produits agricoles, de l'alimentation, de la logistique, de la construction, des matériaux et de l'exportation ont clairement ressenti la pression du marché international, en particulier les normes vertes de l'UE, des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud.
Cependant, il faut regarder directement la réalité que la plupart des petites et moyennes entreprises ne sont qu'au stade de la "reconnaissance" et de la "expérimentation", ne passant pas fortement au stade de l'investissement systématique.
J'évalue qu'il existe actuellement trois groupes d'entreprises. Le premier groupe est le groupe pionnier, principalement des entreprises exportatrices, des entreprises participant à la chaîne d'approvisionnement mondiale, qui ont commencé à mesurer les émissions, à appliquer des certificats verts, à normaliser la production. Le deuxième groupe s'intéresse mais est encore maladroit, ne sait pas par où commencer, manque de capital, manque d'experts, manque de conseils. Le troisième groupe reste à l'écart, considérant la transition verte comme un coût et ne voyant pas cela comme une opportunité d'améliorer la productivité, de réduire les coûts à long terme et d'élargir le marché.
Quelles sont les difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises lors de la mise en œuvre de la transition verte, monsieur?
- La plus grande difficulté est l'écart entre les exigences très élevées du marché et la capacité encore limitée des entreprises.
Premièrement, les difficultés en matière de capital. La transition verte nécessite des investissements dans les machines, les technologies, l'énergie propre, les systèmes de traitement des déchets, les logiciels de mesure des émissions, le conseil en normes et la formation du personnel.
Deuxièmement, les difficultés liées à la technologie et aux données. Pour rendre la production verte, les entreprises doivent savoir combien d'électricité, d'eau, de matières premières elles consomment, combien de carbone elles émettent, comment les déchets sont traités. Mais de nombreuses petites et moyennes entreprises n'ont pas encore de système de données internes suffisamment bon. Si elles ne peuvent pas mesurer, elles ne peuvent pas gérer; si elles ne peuvent pas gérer, elles ne peuvent pas prouver qu'elles sont vertes auprès des banques, des importateurs, des investisseurs ou des consommateurs.
Troisièmement, les difficultés liées aux mécanismes de soutien. Les petites et moyennes entreprises ont grand besoin de programmes de crédit vert, de garanties de crédit vert, de conseils techniques, de centres de mesure des émissions, de normes sectorielles, de bases de données communes. Mais en réalité, de nombreuses politiques sont encore dispersées, les procédures d'accès sont encore difficiles et les banques n'osent pas prêter si les entreprises ne prouvent pas l'efficacité financière des projets verts.
Les petites et moyennes entreprises ne manquent pas d'aspiration à la transition verte, mais manquent d'"écosystèmes de soutien à la transition verte".
Quelles solutions proposez-vous pour rendre la transition verte plus efficace?
- La première solution est d'élaborer un ensemble de critères de transition verte adaptés aux petites et moyennes entreprises. Il n'est pas possible d'appliquer un ensemble de normes trop complexes des multinationales aux petites entreprises. Il est nécessaire d'avoir une feuille de route par niveau: niveau fondamental, niveau avancé et niveau d'intégration internationale. Par exemple, au début, les entreprises doivent savoir économiser l'énergie, réduire les déchets, rendre les matières premières transparentes, gérer le travail, respecter l'environnement. La phase suivante consiste à procéder à l'inventaire des gaz à effet de serre, au certificat ESG, au crédit carbone, au rapport sur le développement durable.
La deuxième solution est de développer le crédit vert pour les petites et moyennes entreprises. L'État doit avoir un mécanisme de garantie et de soutien aux taux d'intérêt pour les projets d'économie d'énergie, d'innovation technologique, de traitement de l'environnement et de production plus propre; en même temps, les banques commerciales doivent concevoir des produits financiers verts simples et accessibles.
La troisième solution est de soutenir la double transformation des entreprises, en combinant la transformation numérique avec la transformation verte. Les entreprises doivent appliquer des données et des logiciels de gestion de l'énergie, des matières premières, de la traçabilité, de la gestion de la chaîne d'approvisionnement, de la mesure des émissions. La transformation numérique est un outil, la transformation verte est un objectif, la productivité et la compétitivité sont le résultat.
Merci monsieur!