Quan Ky Nam" est tombe dans un paradoxe lorsque le film a ete salue pour son image et son langage riches en qualite cinematographique, mais n'a pas vendu de billets.
Le marche du film vietnamien en 2025 est considere comme ayant connu des tournants majeurs, avec une serie de films a fort chiffre d'affaires, la qualite du film augmente egalement, il n'y a plus de films desastreux, de comedies absurdes comme il y a dix ans. Quel est votre point de vue sur le marche du film vietnamien en 2025?
- D'un point de vue personnel, je constate qu'il existe encore des comedies absurdes et des films "instant". Bien sûr, on ne peut nier le positif, c'est que le marche cinematographique vietnamien se developpe, avec des changements evidents.
Le professionnalisme dans la production, la distribution, les habitudes du public lors de la sortie en salles ont beaucoup augmente. Mais nous ne pouvons pas nier que l'essentiel d'un cinema est d'avoir de nombreux genres pour etre equilibre.
Entre les deux extremes artistiques et commerciaux, il faut un equilibre. Les investisseurs et les cineastes conservent pour la plupart l'ancienne mentalite de suivre la tendance. Un film gagnant est une maison qui suit cette tendance, travaillant tres rapidement pour suivre la tendance.
Par exemple, un film d'horreur qui remporte un grand succes, tout le monde se tourne vers la realisation de films d'horreur. Cette façon de faire epuise la confiance et la capacite du public a profiter de l'art. Cette pensee n'a pas encore change.
Il est temps qu'il y ait un changement plus fort, pour que nous puissions esperer un cinema en developpement durable. Actuellement, le cinema vietnamien est toujours comme s'il avait "la chance", avec quelques projets qui ont soudainement brille, mais de nombreux autres films qui en ont profite ont subi des pertes.
Le genre de films d'auteurs et de films d'art que vous poursuivez sera toujours dans une position de comparaison en termes de revenus, etant considere comme ayant une capacite de vente de billets inferieure a celle des autres genres de films. Avez-vous peur de cela?
- Je n'ai peur ni rien. Si j'avais peur, je ne l'aurais pas fait. Je veux que le produit soit bien accueilli parce que je veux que les investisseurs, ceux qui ont fait confiance a moi, comprennent mieux le projet et acceptent de m'accompagner. Je veux que leur confiance soit recompensee. Et je ferai tout mon possible, pour que le resultat final ne me fasse pas regretter ni me ronger.
3 ans de tournage, dont 2 ans de montage, c'est aussi ma façon de faire preuve de toute responsabilite envers les investisseurs et le public, en apportant l'œuvre la plus soignee possible. Ayant realise un projet comme celui-ci, je comprends que 700 milliards de dongs est un reve irrealiste pour le marche cinematographique actuel, mais tout le monde a peur, tout le monde veut gagner de l'argent, alors qui sera responsable de ces histoires? Comment le cinema vietnamien peut-il avoir des couleurs differentes? Comment peut-il avoir un veritable cinema pour etre fier de ses amis du monde entier?

Les revenus pour de nombreux cineastes, ils sont sous pression. Et vous?
- Le chiffre d'affaires n'est pas une pression pour moi. Si la pression est trop forte, cela affectera le projet de film. Il faudra peut-etre envisager differentes façons d'atteindre l'objectif de chiffre d'affaires.
Je suis different. J'ai determine que le film doit suivre cette voie, meme si je sais etre difficile avec le public, je continuerai a faire de mon mieux, et le film aura sa propre source de public. Je ne peux pas etre avide, je ne peux pas exiger sur le marche vietnamien un film qui soit a la fois un succes au box-office et un prix au Festival international du film. Ce ne sera pas possible.
Le cinema est en train de devenir une industrie cinematographique rentable, comme la Coree du Sud, la Chine, les Etats-Unis... l'ont poursuivi. Ayant vecu aux Etats-Unis, avez-vous vu des signes positifs pour l'industrie cinematographique au Vietnam dans les annees a venir?
- La Coree du Sud a traverse une tres longue periode, avec le soutien de l'Etat, l'investissement des entreprises, l'envoi de personnel pour apprendre dans le monde entier... pour qu'ils aient une enorme source de revenus du cinema comme aujourd'hui. Nous avons besoin du soutien de nombreuses parties, ensemble pour viser un objectif, ensemble determines a le faire.
Il faudra peut-etre plus de temps pour que le marche du film vietnamien se perfectionne, par exemple en etant plus diversifie et riche en sujets, genres, en ressources humaines, en talents...
Un veritable marche du cinema doit former le public a avoir de nombreux goûts, a comprendre de nombreux genres de films, afin qu'il n'ait pas d'idees prejudiciables comme "ce film n'est pas comique, c'est probablement un film d'art, c'est tres ennuyeux, je ne regarderai pas".
Les films d'art sont prejuges, il est necessaire de briser les prejuges, il faut un soutien pour optimiser toutes les couleurs du cinema.

Depuis "Song Lang" jusqu'a present, 7 ans se sont ecoules, vous avez une nouvelle œuvre cinematographique "Quan Ky Nam". Vos 2 œuvres cinematographiques portent toutes deux une couleur tres personnelle, dans laquelle, il y a une forte nostalgie. Etes-vous une personne nostalgique, et avez-vous beaucoup de nostalgie?
- Je suis une personne tres, tres nostalgique et toujours obsedee par le passe. Surtout le Vietnam dans les annees 1980, car c'etait mon enfance, avant de partir s'installer a l'etranger.
Quand je suis retourne au Vietnam, j'etais absorbe par la recherche des moments d'autrefois, surtout quand mes amis d'enfance sont maintenant grands, mes proches sont morts. Inconsciemment, j'ai continue a chercher les vieux moments, il est clair que pendant cette periode, le Vietnam de ces annees-la a eu une grande influence sur ma façon de raconter des histoires et aussi sur mon amour.
Je peux faire des films americains et modernes, mais je suis obsedee, nostalgique, toujours attachee a mon enfance, au cai luong, a la musique, a la poesie et a la litterature... Ce sont ces nostalgies qui m'ont poussee sur la voie du cinema.
Dans votre film, il y a un soin tres minutieux dans l'image, la couleur, tout le nostalgisme, le souvenir est beau. Votre goût esthetique est toujours de vouloir raconter une histoire vraiment belle? Que pensez-vous des sentiments du public?
- Une belle histoire - je pense que c'est ce que vous ressentez, un spectateur apres avoir regarde mon film. Merci.
Pour ma part, parce que je n'avais pas assez de fonds pour mettre en scene de grandes scenes, une ville, une rue pour ressentir le sentiment de cette epoque, j'ai utilise la musique pour rappeler au public a quel moment nous etions. La musique est une partie tres importante de la façon dont je raconte des histoires. J'utilise des morceaux de musique pour soutenir des choses que je n'ai pas les moyens de faire.
Mais obtenir des chansons de musique jaune, de musique ancienne pour les mettre dans le film est extremement difficile. Lors de la realisation du film, je suis a l'aise, je mets la chanson que j'aime. Si je dois couper une chanson, je souffre aussi.
Ce n'est qu'en demandant les droits d'auteur que j'ai pleinement compris. La plupart des auteurs des chansons que j'aime n'existent plus. Les droits d'auteur de ces chansons ont egalement traverse de nombreux bouleversements, je ne sais pas a qui elles appartiennent. J'ai dû "chasser", chercher des traces, je n'ai pas ose les depenser negligemment. Ce sont des moments de tension, apres de longues periodes a chercher de nombreuses personnes, a trouver les enfants et petits-enfants de la famille de l'auteur, a contacter, a expliquer et a demander la permission... Parfois, on a l'impression d'etre dans une impasse. Sans parler des depenses.
Finalement, heureusement, j'ai egalement reçu beaucoup de soutien, donc j'ai conserve 80 a 90% des morceaux de musique qui devaient absolument etre dans le film.
En racontant longuement comme ça pour voir, j'ai vraiment travaille tres dur pour chaque film, chaque morceau de musique dans "Song Lang" et "Quan Ky Nam". Je crois que lorsque le public regardera le film, il ressentira mon cœur pour l'art. Nous nous toucherons.
Avez-vous peur de la solitude?
Si j'avais peur, je n'aurais pas emprunte cette voie. Le cinema vietnamien veut aller plus loin, plus durablement, doit diversifier ses visages, diversifier ses genres et ses sujets. La voie que je suis en train d'emprunter peut etre plus difficile, mais il doit toujours y avoir quelqu'un pour la suivre.
Le marche du cinema vietnamien en 2025 est considere comme ayant connu de nombreuses percees avec une serie d'œuvres de qualite et de revenus eleves.