Selon Jeremy Szafron - expert de Kitco, le monde connaît une période de fortes fluctuations sans précédent, lorsque les facteurs économiques, géopolitiques et énergétiques exercent simultanément une pression sur le système financier mondial. Dans ce contexte, de nombreux experts estiment qu'un cycle de forte hausse des prix de l'or et de l'argent pourrait commencer.
Récemment, la Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé de maintenir les taux d'intérêt inchangés à 3,5% - 3,75%, tout en reconnaissant que l'inflation n'est pas encore entièrement maîtrisée. Bien qu'il soit prévu de baisser les taux d'intérêt en 2026, la Fed a de nouveau relevé son prévision d'inflation de base à 2,7%, ce qui montre que la pression sur les prix persiste.

Selon M. Philippe Gijsels - directeur de la stratégie chez BNP Paribas Fortis, les fluctuations actuelles sur le marché des métaux précieux ne sont que temporaires. Il a estimé qu'il s'agissait d'une phase de "reduction du levier" avant d'entrer dans un cycle de hausse des prix important, voire "le plus important de l'histoire".
L'une des principales raisons réside dans le risque de "stagflation" - c'est-à-dire une inflation élevée mais une croissance économique faible. Dans cette situation, les banques centrales pourraient être contraintes d'accepter une inflation élevée pour éviter une récession profonde. Cela signifie que la valeur de la monnaie fiduciaire (monnaie fiduciaire) diminuera avec le temps.
M. Gijsels estime que lorsque les gens réaliseront que l'argent liquide se déprécie rapidement, ils passeront à la détention d'actifs tangibles tels que l'or et l'argent. Il a même fait une prévision audacieuse: le prix de l'or pourrait atteindre 10 000 USD/once dans les prochaines années, tandis que l'argent pourrait atteindre environ 200 USD/once.
Non seulement les facteurs monétaires, mais aussi la situation géopolitique contribuent à faire grimper les prix des matières premières. Les attaques contre les infrastructures énergétiques iraniennes, en particulier le gisement de gaz South Pars, ont fait grimper fortement les prix du pétrole. Les exportations de gaz vers l'Irak ont été interrompues, affectant les sources d'électricité et les chaînes d'approvisionnement énergétique.

Plus inquiétant encore, le détroit d'Ormuz - qui transporte environ 20% du pétrole mondial - risque d'être bloqué. Si cette situation perdure, le prix du pétrole pourrait atteindre 150 dollars le baril, entraînant de graves conséquences pour l'économie mondiale.
Dans ce contexte, M. Gijsels estime que le monde évolue vers un nouveau modèle, où les actifs matériels jouent un rôle central. Il appelle cela le cadre "HALO" - c'est-à-dire les actifs lourds et moins obsolètes tels que les métaux, l'énergie ou les matières premières industrielles.
Même à l'ère de la technologie et de l'intelligence artificielle, les systèmes numériques dépendent encore des ressources matérielles telles que le cuivre, l'argent ou l'énergie. Cela augmente la demande de biens de base.
Dans le même temps, le modèle d'investissement traditionnel tel que le portefeuille de 60% d'actions - 40% d'obligations perd progressivement de son efficacité dans un environnement d'inflation élevée. Les investisseurs institutionnels commencent donc à se tourner vers la détention directe d'actifs matériels, voire à vérifier la quantité réelle d'or en réserve pour assurer la transparence.
En résumé, les fluctuations actuelles ne sont pas seulement une crise à court terme, mais pourraient être le signe d'un changement profond dans la façon dont le monde évalue les actifs. À cette nouvelle ère, la "valeur réelle" - c'est-à-dire ce qui peut être saisi et utilisé - revient progressivement à la position centrale de l'économie mondiale.