Le président Vladimir Poutine s'est entretenu par téléphone avec le président Donald Trump le 9 mars, selon les informations publiées par l'assistant du Kremlin, Yury Ushakov, à la presse.
Selon M. Ushakov, c'est le président américain qui a pris l'initiative d'initier la conversation téléphonique afin d'échanger sur les derniers développements internationaux. Le contenu de l'échange s'est concentré sur deux questions majeures: le conflit entre les États-Unis et l'Iran, ainsi que les efforts diplomatiques visant à résoudre le conflit entre la Russie et l'Ukraine.
L'assistant du Kremlin a déclaré que le dialogue entre les deux dirigeants s'était déroulé dans une atmosphère "réaliste, ouverte et constructive". Les deux parties ont également exprimé leur volonté de continuer à maintenir des canaux de communication réguliers à l'avenir.
Échange approfondi sur le conflit ukrainien
Selon M. Ushakov, lors de l'échange, le président Trump a réaffirmé que Washington souhaitait mettre fin aux hostilités entre Moscou et Kiev, et parvenir à une solution à long terme au conflit.
Du côté russe, le président Poutine a remercié l'administration américaine pour ses récents efforts de médiation visant à trouver une solution à la crise.
Les discussions trilatérales entre Moscou, Washington et Kiev sont également mentionnées comme l'un des canaux de dialogue visant à trouver une issue au conflit prolongé en Ukraine.
Le président Trump a décrit cela comme "une très bonne conversation téléphonique" lorsqu'il a répondu à la presse à Washington. Il a déclaré que les deux dirigeants avaient discuté à la fois de la guerre en Iran et du conflit qu'il a qualifié de "guerre apparemment sans fin" en Ukraine.
L'Iran et le risque de choc énergétique mondial
Un autre point important de la conversation téléphonique est la situation au Moyen-Orient, en particulier le conflit lié à l'Iran.
Le président Poutine a partagé avec son homologue américain ses évaluations de l'évolution des événements de guerre, tout en informant des échanges récents qu'il a eus avec les dirigeants des pays du Golfe et le président iranien Masoud Pezeshkian.
Selon M. Ushakov, le président Trump a également exprimé son point de vue sur la situation et les deux dirigeants ont eu une discussion "très substantielle" sur cette question.
Plus tôt dans la journée, le président Poutine a averti que l'escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait perturber gravement les flux mondiaux de pétrole et de gaz.
Il a particulièrement souligné le risque de fermeture de facto d'une importante route de transport de pétrole via le détroit d'Ormuz. Il s'agit de l'une des routes maritimes stratégiques transportant la majeure partie du pétrole exporté de la région du Golfe.
Selon le dirigeant russe, si les tensions continuent de s'intensifier, la production pétrolière dans les pays du Golfe pourrait être interrompue, entraînant une "réalité des prix du pétrole totalement nouvelle" sur le marché mondial de l'énergie.
Dans ce contexte, M. Poutine a affirmé que la Russie resterait un "fournisseur d'énergie fiable" pour les partenaires que Moscou considère comme fiables, tout en s'engageant à continuer de fournir du pétrole et du gaz.
La Russie critique l'opération d'attaque contre l'Iran
La Russie a également vivement critiqué la campagne de frappes aériennes américaines et israéliennes contre l'Iran, la qualifiant d'"acte d'agression préparé à l'avance et sans raison".
Cependant, le président Poutine n'a pas encore fait d'évaluation publique complète de l'ensemble de cette opération militaire. Il a seulement condamné l'assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei comme une "violation flagrante des normes éthiques et du droit international".