S'exprimant lors d'une campagne à Milan, le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, chef du parti Lega, a déclaré que l'UE devait donner la priorité à la sécurité énergétique et lever les restrictions sur l'approvisionnement russe afin d'éviter le risque de crise économique. Il a également appelé à la suspension des réglementations du Pacte de stabilité et de croissance, tout en critiquant la politique de l'accord vert qu'il a qualifiée d'obstacle à l'économie.
Selon M. Salvini, l'utilisation des ressources financières devrait viser à soutenir les personnes en difficulté, au lieu de maintenir les restrictions commerciales. Il a proposé à Bruxelles d'agir de la même manière que les États-Unis en assouplissant les mesures relatives au pétrole russe.
Le contexte souligné est que la crise énergétique en Europe est devenue plus grave en raison des conflits au Moyen-Orient. L'interruption dans le détroit d'Ormuz, une route de transport qui représente environ 20% des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié, a fait grimper les prix du pétrole de 70% depuis février.
Les États-Unis ont temporairement assoupli certaines restrictions sur le pétrole russe, autorisant la négociation de lots de marchandises chargés sur les navires avant le 12 mars, puis les ont prolongés pour continuer à acheter jusqu'à la mi-mai. M. Salvini estime que si Washington peut prendre cette mesure, l'UE devrait également envisager d'éviter de fermer les usines, les écoles et les hôpitaux.
Auparavant, l'UE avait approuvé un plan visant à éliminer progressivement le gaz russe par gazoduc d'ici 2027, malgré les protestations de la Slovaquie et de la Hongrie. La Hongrie a intenté une action en justice contre cette décision devant le tribunal de l'UE, tandis que la Slovaquie a également déclaré qu'elle prendrait des mesures similaires. M. Robert Fico a estimé que cette interdiction violait les principes fondamentaux des traités de l'UE.