Selon les medias americains, des responsables occidentaux discutent de mesures visant a limiter l'acces de la Russie et de la Chine aux ressources minerales au Groenland, considerant cela comme faisant partie d'echanges plus larges sur la securite arctique.
Le Groenland est un territoire autonome appartenant au Royaume du Danemark, considere comme possedant d'abondantes ressources telles que le zinc, le plomb, l'or, le minerai de fer, le cuivre, les hydrocarbures et en particulier les mines de terres rares au service de l'industrie de haute technologie.
Depuis la loi sur l'autonomie de 2009, les droits de gestion des ressources ont ete confies au gouvernement du Groenland, mais la position strategique et le potentiel economique de l'île attirent toujours l'attention des grandes puissances.
La Russie "a l'ecart" du Groenland
Contrairement aux speculations de l'Occident, la Russie a refute publiquement a plusieurs reprises toutes les accusations selon lesquelles Moscou s'interessait au Groenland. Le president Vladimir Poutine a affirme que la question du Groenland "n'avait rien a voir" avec la Russie, tandis que le ministre des Affaires etrangeres Sergueï Lavrov a souligne que les Etats-Unis "connaissaient parfaitement" que la Russie n'avait pas de plans ni d'ambitions pour cette île.
Cette position est renforcee par des analyses economiques specifiques. L'ambassadeur de Russie au Danemark, Vladimir Barbin, estime que l'investissement au Groenland n'est pas commercialement raisonnable.
Selon lui, pour pouvoir mettre en œuvre une exploitation a grande echelle, le Groenland a besoin d'investissements initiaux enormes, des infrastructures de transport, de l'energie aux ressources humaines, dans des conditions naturelles difficiles et des coûts d'exploitation extremement eleves.
La realite montre que meme si des dizaines de permis d'exploration miniere ont ete delivres, la plupart n'existent toujours que sur papier. Les activites d'exploitation a l'echelle industrielle n'ont presque pas eu lieu, ce qui reflete de grands obstacles economiques et techniques. Pour Moscou, il s'agit d'un pari risque, difficile a realiser.
L'ambassadeur Barbin a souligne que la Russie possede desormais d'enormes ressources dans son propre territoire arctique, notamment de grands gisements petroliers et gaziers, des reserves de nickel, de cuivre et de palladium parmi les plus importantes au monde, ainsi que du charbon, de l'or, des diamants et des terres rares.
Ces regions ont des infrastructures existantes et une efficacite economique beaucoup plus claire que le Groenland, ce qui fait de "se tenir a l'ecart" un choix raisonnable.

Les Etats-Unis sont impatients avec le "tresor" arctique
Au contraire, les Etats-Unis montrent un interet croissant pour le Groenland. Le president Donald Trump a souligne a plusieurs reprises l'importance strategique de l'île, de la position militaire dans l'Arctique au potentiel des ressources. Washington a egalement lie cette question a l'argumentation sur les menaces de la Russie et de la Chine, bien que les deux pays l'aient rejetee.
S'exprimant au Forum economique mondial de Davos, M. Trump a declare qu'un "cadre" d'accord concernant le Groenland avait ete mis en place, selon lequel les Etats-Unis auraient un acces militaire etendu. En fait, Washington a exploite des installations militaires au Groenland dans le cadre d'accords de defense a long terme avec le Danemark.
Il est a noter que le vice-president americain J.D. Vance a ensuite declare que les Etats-Unis esperaient avoir acces a une partie des ressources naturelles du Groenland en « recompense » pour leur role de protection militaire.
Cette approche a rencontre des reactions de la part des autorites locales. La ministre des Ressources minerales du Groenland, Naaja Nathanielsen, a affirme que le Groenland n'acceptait pas que l'avenir de l'industrie miniere soit decide de l'exterieur.