Le 15 mars, le Premier ministre norvégien Jonas Gahr Store a annoncé qu'il n'autoriserait pas le déploiement d'armes nucléaires sur son territoire, même si la base de sécurité du pays serait fortement dépendante des capacités de dissuasion stratégique de l'OTAN.
S'exprimant lors d'une conférence de presse en présence des Premiers ministres des pays d'Europe du Nord et du Canada, M. Store a affirmé que la Norvège "ne modifie pas la loi et n'a pas non plus besoin de la modifier", lorsqu'on lui a demandé s'il ouvrait des discussions pour assouplir les réglementations relatives aux armes nucléaires.
Notre politique est très claire. Il n'y aura pas de déploiement d'armes nucléaires en Norvège", a déclaré le Premier ministre Store, tout en exprimant sa volonté de discuter de la possibilité d'une coopération stratégique avec Paris, en évoquant la proposition du président français Emmanuel Macron de déployer des armes nucléaires sur le territoire d'autres pays de l'OTAN.
Le dirigeant norvégien a noté que toute nouvelle initiative ne devrait pas "affaiblir" la politique nucléaire existante de l'alliance.
Début mars, le président Macron a prononcé un discours important sur la nouvelle stratégie nucléaire française, soulignant que Paris renforcerait son arsenal et évoquant la possibilité de "déployer temporairement" des bombardiers nucléaires stratégiques français dans les pays alliés de l'OTAN.
La Finlande a immédiatement répondu à l'idée du maître de l'Élysée, déclarant qu'elle chercherait à modifier la loi pour autoriser le déploiement d'armes nucléaires sur son territoire.
Moscou a condamné la démarche susmentionnée, avertissant que cela conduirait à une "escalade des tensions sur le continent européen".
Si la Finlande menace la Russie en déployant des armes nucléaires sur son territoire, Moscou "prendra les mesures appropriées", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Helsinki a ensuite atténué à plusieurs reprises la signification de cette décision, soulignant que la Finlande ne voulait pas déployer d'armes nucléaires et que l'OTAN n'avait actuellement pas non plus de plans de déploiement de ce type.
Ces mouvements se produisent dans un contexte de discussions croissantes en Europe sur la dissuasion stratégique, après l'expiration du dernier traité de contrôle des armes nucléaires qui lie la Russie et les États-Unis - les deux pays possédant le plus grand arsenal nucléaire au monde.
Moscou affirme qu'il ne menace pas les pays européens, mais qu'il dirigera son arsenal nucléaire vers tout pays qui autorise le déploiement d'armes nucléaires contre la Russie.