En substance, cette proposition n'a aucune valeur de sécurité dans le contexte de la situation actuelle. L'invitation est principalement considérée comme une option supplémentaire pour les alliés et partenaires de la France en Europe au cas où les États-Unis ne continueraient pas à maintenir leur engagement à assurer la sécurité de ces pays, c'est-à-dire qu'ils ne tendraient plus de « coffre nucléaire » pour protéger ou réduire, voire éliminer complètement, l'armée et les armes d'Europe.
Par conséquent, tant que les États-Unis n'auront pas pris de telles mesures, les alliés européens de Washington auront peu de chances d'accepter l'offre de M. Macron, même si aucun pays ne l'a publiquement rejetée pour le moment. La plupart des pays ne veulent pas offenser les États-Unis, et même si la confiance dans l'engagement de Washington a quelque peu diminué, ils restent prudents quant à l'initiative de la France.
Leur inquiétude est justifiée car M. Macron, dans cette proposition d'invitation, conserve le monopole sur la décision d'utiliser des armes nucléaires, ne leur laissant aucune forme ou niveau de participation. M. Macron ne dirigera également la France que pendant plus d'un an, donc si "nouvelle politique", qu'adviendra-t-il des alliés et partenaires de la France en Europe?
Cependant, M. Macron a porté un "coup" aux États-Unis en affirmant que la France pouvait remplacer les États-Unis dans la garantie de la sécurité de l'Europe, élevant ainsi la position de la France à la hauteur des États-Unis. Dans le même temps, il a implicitement laissé entendre que les alliés et partenaires des États-Unis en Europe ne sont plus totalement confiants dans l'engagement en matière de sécurité des États-Unis. Bien que les États-Unis ne soient peut-être pas immédiatement inquiets, il est certain qu'ils ne pourront pas éviter le sentiment d'inconfort face à ce coup de maître de M. Macron.
M. Macron souhaite "européaniser" la dissuasion nucléaire afin de construire un rôle et une position nucléaires centraux dans la structure de sécurité commune de l'Europe à l'avenir. Cette proposition renforce la tendance à l'autonomie en matière de sécurité que l'UE promeut et tendira davantage les relations entre la France et les États-Unis.