Le Financial Crime Enforcement Network (FinCEN) du ministère américain des Finances a récemment désigné la banque suisse MBaer Merchant comme une institution financière "préoccupante en matière de blanchiment d'argent" en vertu de l'article 311 de la loi Patriote américaine (USA PATRIOT Act).
Le 26 février 2026, FinCEN a publié un avis proposant une nouvelle réglementation (NPRM) visant à identifier MBaer comme une institution financière à haut risque de blanchiment d'argent et a proposé d'appliquer un certain nombre de "mesures spéciales" à cette banque.
Selon FinCEN, MBaer a commis de nombreuses violations du code de conduite depuis sa création en 2018. Initialement, la banque a été accusée de faciliter des activités de corruption et de blanchiment d'argent liées au Venezuela, puis s'est étendue aux opérations de blanchiment d'argent liées à l'Iran et au financement du terrorisme.
L'annonce de FinCEN indique également que MBaer maintient et cherche à dissimuler de nombreux clients, dont ceux figurant sur la liste des sanctions économiques américaines, de l'Union européenne et de la Suisse.
Cette banque est également accusée de faciliter les paiements liés au Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran (CGRI) et aux forces Quds du CGRI. Ces deux organisations figurent toutes deux sur la liste des sanctions américaines en vertu des réglementations antiterroristes. Selon les allégations, MBaer a soutenu plus de 50 millions de dollars liés aux réseaux de contrebande de pétrole iraniens.
Un jour seulement après l'annonce de FinCEN, l'autorité de surveillance financière suisse FINMA a également pris une décision énergique: le retrait de la licence d'exploitation de MBaer et la fermeture de la banque.
La décision a été prise après que l'enquête sur l'application de la loi a conclu que cette banque présentait "des lacunes graves et systématiques" dans le programme anti-blanchiment d'argent (AML) et qu'elle respectait les sanctions.
Il s'agit du résultat d'une enquête menée à partir de 2024, qui a révélé que 80% des relations commerciales des banques appartiennent au groupe à haut risque, et que 98% des actifs que les banques reçoivent proviennent de clients à haut risque.
FINMA a déclaré que MBaer avait ignoré à plusieurs reprises le service de conformité interne, n'avait pas effectué d'évaluation complète des clients et avait continué à effectuer des transactions pour les personnes sanctionnées. L'agence a qualifié l'incident de "particulièrement grave" et a ouvert des procédures d'enquête sur les 4 personnes impliquées.
L'annonce presque simultanée de FinCEN et FINMA montre l'importance d'une évaluation rigoureuse des clients et du respect des réglementations financières internationales pour les institutions financières en dehors des États-Unis.
Les mesures prises contre MBaer montrent que les agences de réglementation financière utilisent toujours des outils juridiques de longue date pour renforcer le respect de la lutte contre le blanchiment d'argent. Cette affaire montre que Washington peut coopérer étroitement avec les agences de réglementation étrangères lorsque les intérêts de gestion correspondent. Les accusations contre MBaer durent en fait depuis près de 8 ans, depuis la création de cette banque, et FinCEN a depuis longtemps le droit d'utiliser l'article 311 de la loi patriotique américaine pour agir si nécessaire.
Les experts juridiques estiment que la sanction contre MBaer est considérée comme un rappel que les institutions financières non américaines doivent prêter une attention particulière aux exigences de gestion de Washington si elles veulent maintenir l'accès au système financier américain. Dans un contexte où le dollar américain joue toujours un rôle central dans le système de paiement mondial, la coupure du système financier américain pourrait avoir un impact grave sur les opérations internationales d'une banque.