Le 12 janvier, le ministre iranien des Affaires etrangeres Abbas Araghchi a declare que son pays ne souhaitait pas la guerre, mais qu'il etait pret a la possibilite d'un conflit public a un niveau superieur a celui de la guerre de 12 jours avec Israël l'annee derniere.
S'exprimant avant la reunion avec des diplomates etrangers a Teheran, M. Araghchi a souligne que l'Iran laissait ouverte la possibilite de negociation, a condition que les dialogues soient "justes, honorifiques, sur la base de l'egalite, du respect mutuel et dans l'interet commun", et non des "ordres ou des impositions".
La declaration de M. Araghchi a ete faite apres que le president americain Donald Trump a mis en garde a plusieurs reprises contre la possibilite d'utiliser des mesures militaires contre l'Iran, en relation avec la campagne de repression des emeutes mortelles qui ebranlent ce pays musulman. Teheran estime que ces emeutes impliquent les Etats-Unis et Israël.
Selon l'Iran, les manifestations ont commence fin decembre, en raison de la forte depreciation du rial et de la crise des depenses de subsistance due aux sanctions prolongees.
La vague de protestations s'est rapidement etendue a de nombreuses villes et s'est etendue a la vague d'instabilite la plus grave depuis de nombreuses annees.
Le gouvernement de Teheran accuse les elements qu'il appelle des "terroristes" d'avoir incendie des dizaines de mosquees, d'etablissements medicaux, de batiments administratifs et d'avoir tue des centaines de civils et de forces de securite par des actes de violence "comme l'EI".
Au 13 janvier, au moins pres de 600 personnes ont ete tuees lors de manifestations violentes.
Le ministre des Affaires etrangeres Araghchi a accuse les Etats-Unis et Israël d'avoir "joue un role majeur" dans l'incitation a l'instabilite. Il a declare que l'Iran avait recueilli des enregistrements audio montrant des instructions envoyees aux combattants se melant a la foule, exigeant des tirs sur les manifestants, les passants et les forces de securite.
Le week-end dernier, M. Trump a declare que l'administration americaine envisageait des options d'intervention en Iran, bien qu'elle reconnaisse que Teheran avait fait signe de vouloir negocier.
La Maison Blanche a ensuite confirme que Washington examinait de nombreuses options, notamment les cyberattaques et les coups militaires directs des Etats-Unis ou d'Israël. Le president Trump a declare que si l'Iran ripostait, les Etats-Unis riposteraient "a un niveau sans precedent".
Parallelement aux avertissements militaires, M. Trump a annonce le 12 janvier que les Etats-Unis imposeraient des droits de douane de 25% aux pays qui continuent a faire des affaires avec l'Iran, avec effet immediat. Les economies ayant des relations commerciales avec l'Iran comprennent le Bresil, la Chine, la Turquie, les Emirats arabes unis (EAU) et la Russie.
Pendant ce temps, en Iran, le gouvernement affirme que la situation est "completement sous controle". Des dizaines de milliers de partisans du gouvernement sont descendus dans la rue dans de nombreuses villes pour exprimer leur soutien au Guide supreme Ayatollah Ali Khamenei. La television d'Etat iranienne a diffuse des images de marches avec des slogans protestant contre les Etats-Unis et Israël.
Du cote americain, la Maison Blanche a declare que le message public de l'Iran ne correspond pas entierement aux echanges prives que Washington a reçus ces derniers jours.
Le president Trump a declare que son administration laissait ouverte la possibilite d'organiser des reunions avec Teheran, mais a averti qu'il pourrait etre necessaire d'agir en premier si la situation continue de s'aggraver.