Après avoir ouvert une enquête en juin, la police indienne a arrêté 8 personnes responsables de la gestion des dons au temple hindou de la ville d'Ayodhya, dans le nord du pays, a rapporté l'AFP.
Les autorités indiennes n'ont pas révélé le montant détourné, mais les médias locaux estiment que ce chiffre s'élève à 30 millions de roupies (environ 311 500 USD).
Il s'agit du dernier scandale d'une série d'affaires liées aux dons dans de grands lieux de pèlerinage en Inde, notamment le temple Badrinath et le fonds Tirumala Tirupati Devasthanams - l'une des organisations de gestion de temples les plus riches au monde avec une fortune estimée à environ 31 milliards de dollars.
Dans un contexte où de nombreuses organisations religieuses fonctionnent à grande échelle et avec d'énormes flux de trésorerie comme les grandes entreprises, assurer la transparence devient un défi majeur.
L'activiste hindou Rahul Easwar - neveu de l'ancien maître de cérémonie du temple Sabarimala, dans l'État du Kerala - a estimé que la lacune fondamentale est le manque de transparence et le manque de responsabilité.
S'adressant à l'AFP, M. Easwar a également estimé que les grands établissements religieux devaient resserrer leurs finances par le biais de factures, de comptabilité électronique, de caméras de surveillance et d'audits indépendants.
Au temple Ram, le groupe de suspects a facilement profité du processus de comptage laxiste et de la négligence du système de sécurité.
Le temple du dieu Ram, qui vient de connaître ce scandale choquant, a été inauguré en 2024 et accueille actuellement en moyenne 90 000 visiteurs par jour avec des flux d'argent et d'or de culte extrêmement stables.
Cependant, le scandale financier ici est particulièrement sensible car le temple est situé au cœur d'un différend religieux de plusieurs siècles. Après les émeutes de 1992 qui ont fait plus de 2 000 morts, la Cour suprême indienne a restitué ce terrain à l'hindouisme en 2019, ouvrant la voie à une campagne de collecte de fonds pour la construction du temple d'une valeur de 341 millions de dollars.
Selon la société de conseil IMARC, le marché spirituel indien a atteint 70,14 milliards de dollars en 2025 et devrait atteindre 135,41 milliards de dollars en 2034. Malgré son ampleur énorme, la gestion actuelle est très fragmentée.
L'avocat Sonam Chandwani du cabinet d'avocats KS Legal & Associates estime que l'Inde manque d'un cadre juridique national uniforme en matière de transparence financière religieuse. Il souligne les défis posés par les grandes fêtes rassemblant des millions de personnes telles que le Kumbh Mela - le plus grand festival de pèlerinage et religieux du monde pour les fidèles hindous - avec d'énormes dons.
L'analyste politique Anurag Naidu a déclaré à l'AFP: "Les organisations religieuses se sont désormais développées au-delà de l'échelle du culte traditionnel. Elles sont obligées d'avoir un système de contrôle financier et un mécanisme de surveillance indépendant".