Il a un ami médecin qui raconte l'histoire d'un patient atteint d'un cancer en phase terminale. Lorsqu'on lui a demandé ce qui le regrettait le plus avant de partir, tout le monde a pensé qu'il parlerait de sa carrière inachevée ou de ses grands rêves non réalisés. Mais cet homme a juste dit doucement: "Je me souviens des après-midi où j'étais assis en train de boire du thé avec ma femme devant le porche. À cette époque, je pensais que chaque jour n'était pas le même". Il s'avère que ce qui fait le plus souffrir les gens n'est pas de ne pas avoir atteint les sommets des montagnes lointaines, mais d'avoir traversé des bonheurs proches sans le réaliser.
Un grand écrivain est tombé dans une profonde crise spirituelle. Il s'est rendu compte que la gloire et la louange de la société ne suffisaient pas à répondre à la question fondamentale: "Pourquoi vis-je ?" Et finalement, il a trouvé le sens non pas dans sa propre grandeur, mais dans des choses ordinaires comme le travail, l'amour familial, la compassion et la foi en l'homme.
Peut-être que la plus grande tragédie des hommes modernes n'est pas le manque de succès, mais la perte de la capacité de percevoir le sens des choses ordinaires. Nous prenons des milliers de photos mais oublions de regarder longtemps le visage de nos proches. Nous nous connectons avec le monde entier mais nous restons rarement assis tranquillement pour écouter une personne que nous aimons raconter toute une histoire. Nous cherchons constamment des choses extraordinaires, alors que la chose la plus extraordinaire pourrait se trouver dans le dîner de famille de ce soir. À un moment donné, lorsque nos cheveux sont devenus gris et que nos pas ont ralenti, personne ne se souvient probablement combien de choses nous avions possédées, à quel point nous étions célèbres. Ce qui reste, ce ne sont que de très petits moments où nous avons vraiment vécu. Une étreinte, un pardon, un après-midi avec maman, une main tenant la main dans le désespoir.
Parce qu'en fin de compte, comme le psychologue Carl Jung nous l'a rappelé, la valeur de la vie humaine ne réside pas dans la taille de l'événement, mais dans le sens que notre cœur lui a donné. Et parfois, ce sont les plus petites choses qui sont les seules assez grandes pour sauver une vie humaine.