Pendant les jours precedant le Tet, le petit appartement du couple Nguyen Kim Lan (32 ans, vivant dans le quartier de Hoa Binh, province de Phu Tho) eteint rarement les lumieres avant minuit.
Non pas pour les fetes ou les rassemblements d'amis, mais parce que la liste des taches a accomplir s'allonge de jour en jour, le nettoyage de la maison, les achats, la preparation des cadeaux pour les deux familles, la reservation de billets de bus, l'organisation des emplois du temps pour rentrer chez soi...
Mme Lan a partage: "Chaque annee, a la fin de l'annee, j'ai l'impression d'etre en train de diriger un "projet du Tet". De la question de savoir ou retourner dans ma ville natale en premier, combien de temps vivre, quels cadeaux acheter pour chaque personne, jusqu'a savoir qui s'occupera des enfants, qui s'occupera de la cuisine, je suis presque celle qui doit penser et decider".
Non seulement l'histoire de celebrer le Tet quelque part, mais pour de nombreuses jeunes femmes, le Tet est aussi un fardeau invisible des responsabilites qui sont definies depuis longtemps.
Elles sont a la fois belles-filles, epouses et meres, et jouent egalement le role de "gardiennes de rythme" pour que tout se passe bien et paisiblement.
M. Tuan (35 ans, originaire de Bac Ninh) a reconnu que ce n'est que ces dernieres annees qu'il a vraiment realise la pression que sa femme subissait a chaque Tet: "Auparavant, je pensais que le Tet etait une tache commune de la famille, ceux qui avaient du temps libre le faisaient, sans avoir besoin de partager clairement. Mais une fois, en voyant ma femme fondre en larmes parce qu'elle etait trop fatiguee, j'ai sursaute et j'ai realise que j'etais presque a l'ecart".
Selon M. Tuan, de nombreux hommes pensent encore inconsciemment que leur principale responsabilite est de s'occuper des finances, tandis que les petites choses comme le nettoyage de la maison, les achats, la planification des visites a la famille sont laissees a leur femme.
Cette façon de penser fait du Tet, au lieu d'etre une occasion de repos et de reunion, une periode ou les femmes sont epuisees physiquement et mentalement.
De nombreux conflits conjugaux ont eclate a partir de tres petites choses telles que qui offre le plus de cadeaux, il est raisonnable de rentrer chez soi quelques jours, qui doit se lever tot pour preparer le festin, qui a le droit de se reposer.
« Parfois, je me demande, quand nous allons tous les deux travailler, contribuer financierement a la famille, pourquoi le Tet est-il toujours considere comme un travail des femmes », a declare Mme Lan.
Selon l'expert en psychologie Mai Viet Duc - Centre de conseil et de traitement psychologique Nhan Hoa Viet, ces dernieres annees, de nombreux jeunes couples ont pris l'initiative de "reinventer" le Tet de leur famille.
Ils se sont assis ensemble tot pour partager le travail, convenir du budget, discuter du temps de retour dans leur ville natale, voire accepter de simplifier la forme pour rester a l'aise.
Lorsque le mari se replie sur la cuisine, nettoie la maison ensemble, s'occupe des enfants ou prend l'initiative de prendre soin de rendre visite a ses proches, la pression sur les epaules de la femme s'allonge visiblement.
Le Tet, en fin de compte, n'est pas qui fait plus que qui, mais le sentiment d'etre accompagne. Un mariage durable ne reside pas dans le maintien de toutes les "normes" anciennes, mais dans la capacite d'ecouter, de s'ajuster et de partager l'un pour l'autre", a declare l'expert.