Le 20 juillet (heure de Francfort), selon l'AFP, la reprise des combats au Moyen-Orient, associée à la reprise des prix du pétrole, oblige la Banque centrale européenne (BCE) à examiner attentivement avant la réunion de politique monétaire qui se tiendra cette semaine. Bien que la plupart des experts prévoient toujours que la BCE maintiendra les taux d'intérêt inchangés, de nouveaux développements pourraient rendre le débat au sein de la banque plus tendu.
La BCE a relevé ses taux d'intérêt en juin dernier - pour la première fois depuis 2023 - afin de freiner la pression inflationniste croissante après que le conflit entre les États-Unis et l'Iran a fait grimper les prix de l'énergie.
Après que les États-Unis et l'Iran ont conclu un accord visant à mettre fin à la guerre, l'inflation dans la zone euro est progressivement revenue près de l'objectif de 2% de la BCE. À ce moment-là, le marché était presque certain que la BCE maintiendrait les taux d'intérêt inchangés lors de la réunion du 23 juillet.
Cependant, la situation a rapidement changé lorsque les combats entre les deux camps ont éclaté à nouveau, tandis que l'Iran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz - la principale route de transport de pétrole stratégique du monde. Cette évolution a fait grimper les prix du pétrole d'environ 12% en une seule semaine, suscitant des craintes que l'inflation ne revienne.
M. Felix Schmidt, économiste principal chez Berenberg Bank, estime que la BCE maintiendra probablement toujours le taux d'intérêt standard à 2,25%.
Selon lui, les prix du pétrole, bien qu'en hausse, ne sont pas assez élevés pour créer une vague de hausse des prix à grande échelle pour les biens et services dans la zone euro.
Pendant ce temps, M. Carsten Brzeski, expert chez ING, a déclaré qu'il existait toujours "une petite possibilité" que la BCE continue d'augmenter les taux d'intérêt, mais que le scénario de maintien des taux d'intérêt inchangés était toujours considéré comme plus élevé.
Selon l'AFP, de nouveaux développements pourraient rendre le débat entre les deux groupes de points de vue au sein de la BCE plus acharné. Le groupe des "colibris" souhaite continuer à augmenter les taux d'intérêt pour contrôler l'inflation, tandis que le groupe des "colibris" privilégie l'assouplissement des politiques pour soutenir la croissance économique.
Outre la décision sur les taux d'intérêt, les investisseurs suivront également la conférence de presse de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, afin de rechercher des signaux sur l'orientation politique dans les mois à venir.
Certains experts prévoient que la BCE pourrait continuer à relever ses taux d'intérêt en septembre si les prix de l'énergie restent élevés, tandis que de nombreux autres avis estiment que tous les scénarios peuvent encore changer alors que la situation au Moyen-Orient reste imprévisible.