Le 2 février, lors d'une interview accordée à l'agence de presse TASS, le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a fait des évaluations du jeu d'échecs géopolitique dans l'Arctique. Il a estimé que la démarche publique du président américain Donald Trump visant à s'emparer du Groenland n'était pas simplement une question territoriale mais un "grave défi" à l'unité du bloc de l'Atlantique.
Concernant la position de Moscou, M. Medvedev a affirmé que la Russie était totalement en dehors de ce différend.
La semaine dernière, la Maison Blanche a envoyé un signal ferme annonçant que les cadres de l'accord préliminaire sur le Groenland avaient été définis après une réunion de haut niveau avec les dirigeants de l'OTAN. La promotion par les États-Unis de cette question avec un territoire autonome du Danemark montre la détermination de transformer l'idée en réalité, malgré la sensibilité diplomatique.
Les analystes militaires soulignent que la principale motivation pour laquelle les États-Unis sont déterminés à contrôler cette île glacée réside dans sa valeur stratégique inégalée. Le président Trump a souligné à plusieurs reprises la nécessité de mettre en place un système de défense antimissile "Arc d'or" pour protéger les États-Unis. Avec sa situation géographique privilégiée située entre l'Amérique du Nord et le Vieux Continent, le Groenland est considéré comme un avant-poste irremplaçable pour placer des systèmes radar et des lanceurs d'interception précoce.
Du point de vue de M. Medvedev, cette ambition de sécurité des États-Unis met les alliés européens dans une situation sans précédent. Le fait qu'une superpuissance mette la pression sur ses alliés pour qu'ils prennent le contrôle du territoire a créé un dangereux précédent dans les relations internationales. L'Europe est obligée de choisir entre répondre aux besoins de sécurité de son principal parrain, les États-Unis, ou défendre les principes de souveraineté nationale.
Cet événement révèle des contradictions d'intérêts fondamentaux. Alors que Washington accorde une priorité absolue à la sécurité nationale et à sa position de superpuissance, les pays européens s'inquiètent d'être entraînés dans des calculs unilatéraux.
Selon l'évaluation de la Russie, ce sont ces désaccords internes qui deviennent le test le plus rigoureux pour la durabilité de l'alliance occidentale dans un contexte mondial volatil.