Selon le contenu de l'acte d'accusation declassifie, M. Maduro aurait dirige un gouvernement "corrupt et illegal", existant et fonctionnant sur la base d'un reseau de trafic de drogue transnational, introduisant des milliers de tonnes de cocaïne aux Etats-Unis pendant de nombreuses annees.
L'arrestation de M. Maduro et de sa femme, Mme Cilia Flores, lors d'une operation militaire qui s'est deroulee tot le matin du 3 janvier au Venezuela, a ete decrite par des responsables americains comme une demarche visant a servir le processus d'application de la loi du ministere de la Justice.
La secretaire americaine a la Justice Pam Bondi a declare sur le reseau social X que M. Maduro et sa femme « devront bientot faire face a toute la force de la justice americaine, sur le sol americain et dans les tribunaux americains ».
Selon l'acte d'accusation, M. Maduro est poursuivi avec sa femme, son fils et 3 autres personnes. Le president venezuelien en particulier est confronte a 4 chefs d'accusation, notamment: Conspiration au terrorisme lie a la drogue (utilisation du trafic de drogue pour financer le terrorisme), conspiration a l'importation de cocaïne aux Etats-Unis, possession de mitrailleuses et d'equipements de destruction massive, ainsi que conspiration a la possession de mitrailleuses et d'equipements de destruction massive.
Ces accusations sont similaires a l'acte d'accusation presente en 2020 devant le tribunal federal de Manhattan, sous le mandat du premier president de Donald Trump.
Cependant, l'acte d'accusation nouvellement declassifie le 3 janvier a ajoute des accusations contre Mme Cilia Flores. Ce dossier a ete depose a huis clos devant la Cour federale de la region sud de New York juste avant Noël.
L'acte d'accusation affirme que M. Maduro a coopere avec "certains barons de la drogue et les organisations terroristes de la drogue les plus violentes et les plus notoires au monde" pour faciliter le transport de milliers de tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis.
Les responsables americains accusent de grandes organisations de trafic de drogue telles que le cartel de Sinaloa et Tren de Aragua de travailler directement avec le gouvernement venezuelien, puis de transferer les benefices a des hauts fonctionnaires en echange de protection et de soutien.

Selon les documents du tribunal, M. Maduro est accuse d'avoir permis a la "corruption basee sur la cocaïne" de se developper dans l'interet personnel, dans l'interet des membres du gouvernement au pouvoir et des membres de sa famille.
Les autorites americaines estiment que d'ici 2020, environ 250 tonnes de cocaïne seront transportees chaque annee via le territoire venezuelien, par des navires a grande vitesse, des bateaux de peche, des porte-conteneurs ou des avions decollant de pistes secretes.
L'acte d'accusation indique egalement que M. Maduro et sa femme sont accuses d'avoir ordonne l'enlevement, l'agression et le meurtre de personnes soupçonnees d'avoir des dettes de drogue ou d'avoir nui au trafic de drogue. Parmi les affaires mentionnees, il y a la mort d'un baron de la drogue local a Caracas.
En ce qui concerne Mme Cilia Flores, l'acte d'accusation l'accuse d'avoir reçu des centaines de milliers de dollars de pots-de-vin en 2007 pour organiser une rencontre entre un baron de la drogue a grande echelle et le chef de l'Agence nationale venezuelienne de lutte contre la drogue.
Selon l'accord accuse de corruption, ce baron de la drogue a accepte de verser des pots-de-vin mensuels au fonctionnaire susmentionne, ainsi qu'environ 100 000 USD pour chaque vol transportant de la cocaïne afin d'assurer la securite. Une partie de cette somme aurait ete transferee a Mme Flores.
L'acte d'accusation rappelle egalement l'affaire concernant les petits-fils de Mme Flores, qui, lors d'enregistrements en 2015 avec des sources confidentielles du gouvernement americain, ont discute d'un plan de transport de lots de cocaïne de centaines de kilogrammes depuis la zone du hangar de l'avion presidentiel au Venezuela.
Ces deux personnes ont ensuite ete condamnees a 18 ans de prison en 2017, avant d'etre liberees en 2022 dans le cadre d'un accord d'echange de prisonniers avec les Etats-Unis.