Le 21 avril, à Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) n'ont pas approuvé la proposition de suspension partielle de l'accord d'association entre l'UE et Israël.
La proposition a été faite par l'Irlande, l'Espagne et la Slovénie dans un contexte de poursuite des combats à Gaza et d'escalade de la violence en Cisjordanie.
L'accord d'association UE-Israël est le cadre juridique régissant les relations entre les deux parties depuis 2000. Cet accord comprend de nombreux contenus tels que le commerce, l'investissement, la coopération économique, la recherche scientifique, l'éducation, l'énergie et le dialogue politique.
C'est également une base pour aider Israël à accéder plus facilement au marché européen grâce à des incitations commerciales et tarifaires.
Selon la nouvelle proposition, l'UE pourrait suspendre partiellement le contenu de la coopération dans l'accord afin de faire pression sur Israël concernant la situation humanitaire à Gaza et l'expansion des colonies en Cisjordanie.
Cependant, cette proposition n'a pas reçu suffisamment de soutien de la part des pays membres.
S'exprimant après la réunion, Mme Kaja Kallas - Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères - a déclaré que les options de suspension partielle de l'accord étaient toujours en cours d'examen. Selon le mécanisme actuel, l'annulation complète de l'accord UE-Israël nécessite le consensus des 27 États membres. Pendant ce temps, la suspension partielle ne nécessite qu'une majorité qualifiée.
Mme Kallas a également estimé que de telles mesures ne créeraient pas nécessairement de changements significatifs sur le terrain.
Pendant ce temps, l'Irlande, l'Espagne et la Slovénie continuent de promouvoir un réexamen des relations avec Israël.
Dans la lettre envoyée avant la réunion, les trois pays ont estimé que la situation à Gaza était "inacceptable", avec une aide humanitaire limitée et des actes de violence de plus en plus graves en Cisjordanie.
Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, estime que l'UE ne peut pas maintenir des relations normales avec Israël dans un contexte de conflit prolongé.
La Belgique a également exprimé son inquiétude. Le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot a estimé que le niveau de violence en Cisjordanie avait fortement augmenté ces derniers temps.
Au contraire, l'Allemagne s'oppose à l'idée de suspendre l'accord. Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul estime que l'UE doit maintenir le dialogue avec Israël au lieu de réduire la coopération.
Du côté israélien, le ministre des Affaires étrangères Gideon Sa’ar a réfuté les critiques de l’Europe, estimant que certains pays manifestent une attitude partiale et politique dans leur approche du conflit.