Selon les medias britanniques du 10 janvier, Londres discute avec ses allies europeens de la possibilite de deployer des forces militaires au Groenland. Dans le meme temps, l'Union europeenne (UE) devrait preparer des plans de sanctions contre les entreprises americaines, dans un contexte ou le president americain Donald Trump continue de faire des declarations fermes concernant cette île strategique.
Des echanges entre des responsables britanniques et des representants de plusieurs pays europeens, dont l'Allemagne et la France, ont eu lieu ces derniers jours. Parallelement aux scenarios militaires, l'UE examine des mesures de pression economique si Washington rejette la proposition de deployer des forces de l'OTAN pour proteger le Groenland.
Des sources bien informees ont declare que les options de sanctions discutees comprennent la possibilite de limiter les activites des grands groupes technologiques americains en Europe tels que Meta, Google, Microsoft et X, ainsi que des banques et institutions financieres americaines. Ceci est considere comme une etape visant a creer un levier politique face aux declarations du president Trump concernant l'annexion du Groenland.
Un scenario plus dur, bien qu'il ne soit pas encore privilegie, est la possibilite de forcer l'armee americaine a se retirer des bases europeennes. Si cela se produit, cette action pourrait gravement affecter la capacite de deploiement des forces de Washington au Moyen-Orient et dans de nombreuses autres regions, tout en ebranlant la base de la cooperation transatlantique en matiere de securite.
Ces discussions ont eu lieu apres que M. Trump a continue a susciter la controverse concernant le Groenland le 9 janvier.
Repondant a la presse a la Maison Blanche, M. Trump a declare que s'il ne parvenait pas a un accord pour prendre le controle de ce territoire autonome du Danemark de maniere "facile", les Etats-Unis devraient "faire de maniere difficile".
Selon les observateurs, cette declaration a inquiete les pays europeens quant au risque d'escalade des tensions internes au sein de l'OTAN, en particulier lorsque le Groenland occupe une position strategique importante dans l'Arctique, ou la concurrence geopolitique est de plus en plus forte.
Auparavant, les dirigeants de 5 partis politiques au Groenland avaient publie une declaration commune affirmant leur opposition a tout scenario d'utilisation de la force. "Nous ne voulons pas devenir des Americains, ni des Danois, nous voulons etre des Greenlandais", precise la declaration, tout en soulignant que l'avenir de l'île doit etre decide par le peuple du Groenland lui-meme.
Le chef du plus grand syndicat du Groenland a egalement rejete l'argument de M. Trump selon lequel la situation actuelle de l'île constitue une menace pour la securite nationale des Etats-Unis, affirmant qu'il n'y a aucune preuve que des navires russes ou chinois soient densement presents dans les eaux du Groenland.